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Ronsard - À Marguerite


Ecouter sur DEEZER
Interprétation : John Elwes
Composition : Théodore Gouvy




Pierre de Ronsard - (1524-1585)


À Marguerite

En mon coeur n'est point escrite
La rose ny autre fleur,
C'est toy, blanche Marguerite,
Par qui j'ay cette couleur.
N'es-tu celle dont les yeux
Ont surpris
Par un regard gracieux
Mes esprits ?
Puis que ta soeur de haut pris,
Ta soeur, pucelle d'élite,
N'est cause de ma douleur,
C'est donc par toy, Marguerite,
Que j'ay pris ceste couleur.
Ma couleur palle nasquit,
Quand mon coeur
Pour maistresse te requit ;
Mais rigueur
D'une amoureuse langueur
Soudain paya mon mérite,
Me donnant ceste pâleur
Pour t'aimer trop, Marguerite,
Et ta vermeille couleur.
Quel charme pourroit casser
Mon ennuy
Et ma couleur effacer
Avec luy ?
De l'amour que tant je suy
La jouissance subite
Seule osteroit le malheur
Que me donna Marguerite,
Par qui j'ay cette couleur.

Version Théodore Gouvy

En mon âme n’est écrite
La rose ni autre fleur,
C’est toi, belle Marguerite,
Dont je porte la couleur,
C’est toi, belle Marguerite,
Qui possèdes mon coeur.

N’est-tu celle, dont les yeux
Ont surpris
Par un regard gracieux
Mes esprits?
Ta soeur, fille d’élite,
N’est cause de ma douleur,
C’est toi, belle Marguerite,
Qui causes ma pâleur,

C’est toi, belle Marguerite,
Qui possèdes mon coeur,
C’est toi, c’est toi, c’est toi


Ronsard - Je meurs, hélas !


        Composition : Théodore Gouvy - interprétation : John Elwes
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Métamorphoses de Paris
Composition : Antoine de Bertrand
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : John Elwes
Composition : Théodore Gouvy




Pierre de Ronsard - (1524-1585)


Je meurs, hélas !

Version Antoine de Bertrand

Je meurs, hélas ! quand je la vois si belle
Le front si beau, et la bouche et les yeux,
Yeux le séjour d'amour victorieux
Qui m'a blessé d'une flèche nouvelle.

Je n'ai ni sang, ni veine, ni moelle,
Qui ne se change : et me semble qu'aux cieux
Je suis ravi, assis entre les dieux,
Quand le bonheur me conduit auprès d'elle.

Ah ! que ne suis-je en ce monde un grand roi !
Elle serait toujours auprès de moi :
Mais n'étant rien, il faut que je m'absente

De sa beauté, dont je n'ose approcher
Que d'un regard transformer je ne sente
Mes yeux en fleuve et mon coeur en rocher.


Version Théodore Gouvy

Je meurs, hélas ! en la voyant si belle
Le front si pur et la bouche et les yeux,
Ces yeux foyer d'amour victorieux
Qui m'ont blessé d'une flèche mortelle.

Absent au loin ma peine est bien cruelle,
Quand je la vois il me semble qu'aux cieux
Je suis ravi soudain, assis parmis les dieux,
Mais mon malheur m’éloigne toujours d'elle.

Ah ! que ne suis-je en ce monde un grand roi !
Elle serait ma reine auprès de moi :
Mais je ne suis rien, il faut que je m'absente

De sa beauté dont je n'ose approcher,
Que d'un seul regard changer je ne sente
Mes tristes yeux en fleuve et mon coeur en rocher.



Ronsard - Mon dieu que ma maistresse est belle


Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Ensemble Clément Janequin
Composition : Antoine de Bertrand
Ecouter sur DEEZER
Titre : Amour, que ma maîtresse est belle
Interprétation : John Elwes
Composition : Théodore Gouvy




Pierre de Ronsard - (1524-1585)

Premier livre des Amours


Mon dieu que ma maistresse est belle

Mon dieu, mon dieu, que ma maistresse est belle !
Soit que j’admire ou ses yeux, mes seigneurs,
Ou de son front les doux-graves honneurs,
Ou le vermeil de sa lèvre jumelle

Mon dieu, mon dieu, que ma dame est cruelle !
Soit qu'un dédain rengrége mes douleurs,
Soit qu’un dépit fasse naitre mes pleurs,
Soit qu’un refus mes plaies renouvelle.

Ainsi le miel de sa douce beauté
Nourrit mon coeur; ainsi sa cruauté
D’un fiel amer aigrit toute ma vie.

Ainsi repu d’un si divers repas,
Ores je vis, ores je ne vis pas,
Egal au sort des frères d’Oebalie.

Version Théodore Gouvy :

Amour, amour, que ma maîtresse est belle !
Soit que j’admire ses yeux, mes seigneurs,
Ou de son front la grâce et les honneurs,
Ou le vermeil de sa lèvre jumelle,
Amour, amour, que ma maîtresse est belle !

Amour, amour, que ma Dame est cruelle !
Soit qu’un dédain redouble mes douleurs,
Soit qu’un dépit fasse naître mes pleurs,
Soit qu’un refus mes plaies renouvelle,
Amour, amour, que ma Dame est cruelle !

Ainsi de sa douce beauté
Le miel nourrit mon pauvre coeur,
Ainsi sa cruauté d’un fiel amer

D’un fiel amer aigrit toute ma vie.
O maîtresse si belle !
O Dame trop cruelle!



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Métamorphoses de Paris
Composition : Antoine de Bertrand

Ronsard - L'an se rajeunissait



Ecouter la version chantée
Interprétation : John Elwes
Composition : Théodore Gouvy
- Diffusé par DEEZER -




Pierre de Ronsard - (1524-1585)


Sonnet à Sinope

L'an se rajeunissait en sa verte jouvence
Quand je m'épris de vous, ma Sinope cruelle ;
Seize ans étaient la fleur de votre âge nouvelle,
Et votre teint sentait encore son enfance.

Vous aviez d'une infante encor la contenance,
La parole, et les pas ; votre bouche était belle,
Votre front et vos mains dignes d'une Imrnortelle,
Et votre oeil, qui me fait trépasser quand j'y pense.

Amour, qui ce jour-là si grandes beautés vit,
Dans un marbre, en mon coeur d'un trait les écrivit ;
Et si pour le jourd'hui vos beautés si parfaites

Ne sont comme autrefois, je n'en suis moins ravi,
Car je n'ai pas égard à cela que vous êtes,
Mais au doux souvenir des beautés que je vis.


À Hélène

Version Théodore Gouvy

L’an se rajeunissait en sa verte jouvence,
Quand je m’épris de vous, mon Hélène cruelle.
Seize ans étaient la fleur de votre âge nouvelle,
Et votre teint sentait encore son enfance.

Vous aviez d’un enfant encor la contenance,
La parole et les pas, votre bouche était belle,
Votre front et vos mains, dignes d’une immortelle,
Votre oeil qui me fait mourir, quand j’y pense.

Amour, qui ce jour là si grandes beautés vit,
Sur un marbre en mon coeur d’un trait les écrivit.
Et si pour ce jourd’hui vos beautés si parfaites

Ne sont comme autrefois, je n’en suis moins ravi;
Ah! je n’ai pas égard à cela que vous êtes,
Mais au doux souvenir des beautés que je vis.


Ronsard - Marie, levez-vous, vous êtes paresseuse


        Pâris Bordone - Portrait de jeune femme

Ecouter la version chantée
Interprétation : Ensemble Per cantar e sonar
Composition : Guillaume Boni
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : John Elwes
Composition : Théodore Gouvy
- Diffusé par DEEZER -




Pierre de Ronsard - (1524-1585)


Mignonne, levez-vous,
vous êtes paresseuse

Mignonne, levez-vous, vous êtes paresseuse :
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l'épine assis, sa complainte amoureuse.

Debout donq, allons voir l'herbelette perleuse,
Et vostre beau rosier de boutons couronné,
Et vos oeillets aimés auxquels aviez donné,
Hier au soir de l'eau, d'une main si soigneuse.

Hier en vous couchant, vous me fistes promesse
D'estre plus tost que moy ce matin éveillée,
Mais le sommeil vous tient encor toute sillée:

Ha! je vous puniray du peché de paresse,
Je vais baiser vos yeux et vostre beau tétin,
Cent fois pour vous apprendre à vous lever matin.

Version Théodore Gouvy :

Marie, levez-vous, vous êtes paresseuse !
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné
Et jà le rossignol doucement soupiré
Sa complainte amoureuse;

Allons, levez-vous, vous êtes paresseuse.
Debout! Allons voir l’herbelette perleuse,
Et votre beau rosier de boutons couronné,
Vos oellets mignons, auxquels aviez donné

De l’eau hier d’une main si soigneuse.
Hier, ma mignonne, vous jurâtes vos yeux
D’être plustôt que moi ce matin éveillée,

Mais le dormir de l’aube aux filles gracieux
Vous tient d’un doux sommeil les yeux encor sillée.
Ma belle, levez-vous, vous êtes paresseuse !

Jà la gaie alouette au ciel a fredonné
Et jà le rossignol doucement soupiré
Sa complainte amoureuse.

Allons, debout! Levez-vous !