1690 Poésies chantées dans la langue de Molière De Charles d'Orléans à Serge Gainsbourg Tous les textes sont accompagnés d'un enregistrement musical
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Interprétation : Egidius Kwartet
Composition : Jean de Castro
Version homophonique
Interprétation : Christiane van Acker
Composition : Adrian Le Roy
Pierre de Ronsard - (1524-1585)
Las ! je n'eusse jamais pensé
Las ! je n'eusse jamais pensé,
Dame qui causes ma langueur,
De voir ainsi recompensé
Mon service d'une rigueur,
Et qu'en lieu de me secourir
Ta cruauté m'eust fait mourir.
Si, bien accort, j'eusse apperceu,
Quand je te vy premierement
Le mal que j'ay depuis recue
Pour aimer trop loyalement,
Mon coeur, qui franc avoit vescu,
N'eust pas esté si tost vaincu.
...
Chanson, les estoilles seront
La nuict sans les cieux allumer,
Et plustost les vents cesseront
De tempester dessus la mer,
Que de ses yeux la cruauté
Puisse amoindrir ma loyauté.
Ecouter la version chantée
Interprétation : Egidius Kwartet
Composition : Roland de Lassus
- Diffusé par DEEZER -
Pierre de Ronsard - (1524-1585)
Que dis-tu, que fais-tu, pensive tourterelle
R.
Que dis-tu, que fais-tu, pensive tourterelle,
Dessus cest arbre sec?
T.
Las ! je me lamente.
R.
Et pourquoi, dis-le moi?
T.
De ma compagne absente,
Plus chere que ma vie.
R.
En quelle part est-elle?
T.
Un cruel oyselleur, par glueuse cautelle
L'a prise et l'a tuée, et nuict et jour je chante
Son trespas dans ces bois, nommant la mort méchante
Qu'elle ne m'a tuée avecques ma fidelle.
R.
Voudrois-tu bien mourir avecques ta compagne?
T.
Oui, car aussi bien je languis de douleur,
Et toujours le regret de sa mort m'acompagne.
R.
O gentils oysellets, que vous estes heureus
D'aimer si constamment, qu'heureus est vôtre coeur,
Qui, sans point varier, est tousjours amoureus!
Composition : François Regnart - interprétation : Egidius Kwartet
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Egidius Kwartet
Composition : François Regnart
Pierre de Ronsard - (1524-1585)
Je suis plus aise que les Dieux
Je suis plus aise en mon coeur que les Dieux,
Quand maugré toi tu me baises, Maistresse :
De ton baiser la douceur larronnesse
Tout éperdu m'envole jusque aus cieux.
Quant est de moi j'estime beaucoup mieux
Ton seul baiser, que si quelque Déesse,
En cent façons, doucement tenteresse,
M'acoloit nu d'un bras delicieux.
Il est bien vrai que tu as de coutume,
D'entremeller tes baisers d'amertume,
Les donnant cours. Mais quoy ? je ne pourrois
Vivre autrement, car mon ame, qui touche
Tant de beautés, s'enfuiroit par ma bouche,
Et de trop d'aise en ton sein je mourrois.
Composition : Jean de Castro - interprétation : Egidius Kwartet
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Egidius Kwartet
Composition : Jean de Castro
Pierre de Ronsard - (1524-1585)
Je te hay bien
Je te hay bien (croy moy) maistresse,
Je te hay bien, je le confesse.
Mais toy que je devrois plus fort
Hayr mille et mille fois que la mort,
Il faut que maugré moy je t'ayme
Dix mille et mille fois plus que moymesme:
Car plus ta fiere cruaulté
M'espouvante, plus ta beaulté
(Pour mourir et vivre avec elle)
À ton service me r'appelle.
Composition : Guillaume Boni - interprétation : Per Cantar e Sonar
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Interprétation : Egidius Kwartet
Composition : Jean de Castro
Ecouter sur DEEZER
sous le titre Le rossignol
Interprétation : MeeAe Nam
Composition : Théodore Gouvy
Pierre de Ronsard - (1524-1585)
Ô ma belle maistresse
Ô ma belle maistresse! à tous les moins prenez
De moy vostre servant ce Rossignol en cage,
Il est mon prisonnier, et je vis en servage
Sous vous qui sans mercy en prison me tenez.
Allez donc Rossignol en sa chambre, et sonnez
Mon dueil à son aureille avec vostre ramage.
Et s'il vous est possible esmouvez son courage
A me faire merci puis vous en revenez.
Non ne venez point, que feriez vous chez moy?
Sans aucun reconfort vous languiriez d'esmoy :
Un prisonnier ne peut un autre secourir.
Je n'ay pas Rossignol sur vostre bien envie;
Seulement je me hay et me plains de ma vie,
Qui languit en prison et si ne peut mourir.
Version Théodore Gouvy
(sous le titre "Le rossignol") :
O ma belle maîtresse, à tout le moins prenez
De moi, votre esclave, ce rossignol en cage.
Il est mon prisonnier, et je vis en servage,
Sous vous qui sans merci en prison me tenez.
Allez, rossignol, en sa chambre,
Beau rossignol, allez,
Sonnez mon deuil à son oreille avec votre ramage.
Et s’il vous est possible,
Ah, s’il vous est possible,
Émouvez son courage à me faire merci,
Puis vous en revenez.
Non! non! ne venez point,
Que feriez-vous chez moi,
Sans aucun réconfort?
Vous languiriez d’émoi;
Non, non, ne venez point,
Un prisonnier ne peut un autre secourir.
Je n’ai pas, rossignol, sur votre bien envie,
Seulement je me hais et me plains de ma vie.
Je languis en prison, et je n’y peux mourir,
Oui, je me hais et me plains de ma vie!
Je languis et pourtant ne peux mourir.
Composition : Jacques Arcadelt - Interprétation : Egidius Kwartet
Ecouter la version chantée
Composition : Jacques Arcadelt
Interprétation : Egidius Kwartet
- Diffusé par DEEZER -
Joachim Du Bellay - (1522-1560)
D'un berger à Pan
Robin par bois et campagnes,
Par bocages et montagnes,
Suivant naguère un taureau
Egaré de son troupeau,
D'un roc élevé regarde;
Voit une biche fuyarde,
D'un dard la fait trébucher,
Trouve en l'antre d'un rocher
Les petits faneaux qu'il donne
A Jeannette sa mignonne.
Puis fait à ses compagnons
Un banquet d'aux et d'oignons;
Faisant courir par la troupe
De vin d'Anjou mainte coupe.
Quant au reste, ô Dieu cornu,
Au croc de ce pin cogneu
Pour ton offrande rapporte
La peau de la biche morte.
Compositeur : Josquin des Prez - Interprète : Paula Bär-Giese
Version polyphonique
Interprétation : The King's Singers
Composition : Josquin des Prez
- Diffusé par DEEZER -
Jean Lemaire de Belges - (1473-1524)
Mille regretz
Mille regretz de vous habandonner,
Et deslongiers vostre fache amoureuse,
Jay si grant doeul et paine doloreuse,
Quon my verra brief mes jours definer.
Mille regrets de vous abandonner,
Et d'éloigner votre face amoureuse.
J'ai si grand deuil et peine douloureuse,
Qu'on me verra bref mes jours décliner.
Ma petite colombelle,
Ma mignonne toute belle,
Mon petit oeil, baisez-moi ;
D'une bouche toute pleine
De musc, chassez-moi la peine
De mon amoureux émoi.
Quand je vous dirai, Mignonne,
Approchez-vous, qu'on me donne
Neuf baisers tout à la fois,
Donnez-m'en seulement trois,
Tels que Diane guerrière
Les donne à Phébus son frère,
Et l'Aurore à son vieillard :
Puis reculez votre bouche,
Et bien loin toute farouche
Fuyez d'un pied frétillard.
Comme un taureau par la prée
Court après son amourée,
Ainsi tout chaud de courroux
Je courrai fou après vous ;
Et prise d'une main forte
Vous tiendrai, de telle sorte
Qu'un Aigle un Cygne tremblant.
Lors faisant de la modeste,
De me redonner le reste
Des baisers, ferez semblant.
Mais en vain serez pendante
Toute à mon col, attendante
(Tenant un peu l'oeil baissé)
Pardon de m'avoir laissé.
Car en lieu de six adonques
J'en demanderai plus qu'oncques
Tout le ciel d'étoiles n'eut ;
Plus que d'arène poussée
Aux bords, quand l'eau courroucée
Contre les rives s'émeut.
Ecouter la version chantée
Interprétation : Ensemble Clément Janequin
Composition : Clément Janequin
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter l'interprétation
de l'ensemble Egidius Kwartet
Compositeur : François Regnart
- Diffusé par DEEZER -
Pierre de Ronsard - (1524-1585)
Petite nymphe folâtre
Petite nymphe folastre,
Nymphette que j'idolastre,
Ma mignonne dont les yeulx
Logent mon pis et mon mieux
Ma doulcette ma succrée,
Ma grace, ma citherée,
Tu me doibs, pour m'appaiser,
Mille fois le jour baiser.
Ecouter sur DEEZER
Compositeur : François Regnard
Interprété par Egidius Kwartet
Pierre de Ronsard - (1524-1585)
Si je trépasse entre tes bras
Si je trépasse entre tes bras, Madame,
Il me suffit, car je ne veux avoir
Plus grand honneur, sinon que de me voir
En te baisant, dans ton sein rendre l'âme.
Celui que Mars horriblement enflamme
Aille à la guerre, et manque de pouvoir,
Et jeune d'ans, s'ébatte à recevoir
En sa poitrine une Espagnole lame ;
Mais moi, plus froid, je ne requiers, sinon
Après cent ans, sans gloire, et sans renom,
Mourir oisif en ton giron, Cassandre.
Car je me trompe, ou c'est plus de bonheur,
Mourir ainsi, que d'avoir tout l'honneur,
Pour vivre peu, d'un guerrier Alexandre.
Ecouter sur DEEZER
Compositeur : François Regnart
Interprété par Egidius Kwartet
Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Antoine de Bertrand
Interprété par l'ensemble Métamorphoses de Paris
Pierre de Ronsard - (1524-1585)
Amour me tue
Amour me tue, et si je ne veux dire
Le plaisant mal que ce m'est de mourir :
Tant j'ai grand peur, qu'on veuille secourir
Le mal, par qui doucement je soupire.
Il est bien vrai, que ma langueur désire
Qu'avec le temps je me puisse guérir :
Mais je ne veux ma dame requérir
Pour ma santé : tant me plaît mon martyre.
Tais-toi langueur je sens venir le jour,
Que ma maîtresse, après si long séjour,
Voyant le soin qui ronge ma pensée,
Toute une nuit, folâtrement m'ayant
Entre ses bras, prodigue, ira payant
Les intérêts de ma peine avancée.
Ecouter la version chantée
Interprétation : Egidius Kwartet
Composition : Roland de Lassus
- Diffusé par DEEZER -
Rémy Belleau (1528-1577)
Orsus, filles
Orsus, filles, que l'on me donne
Dedans ce cristal qui raionne
A longs trais de ce Dieu gaillard !
Je suis tant alteré qu'à peine,
Puis je retirer mon aleine,
Pour la grande chaleur qui m'ard.
Allez, filles, que l'on me donne
Dans cette coupe qui rayonne
A longs traits de ce Dieu gaillard ! (*)
J'ai tant soif qu'à peine
Puis-je reprendre mon haleine,
Vu la grande chaleur qui me brûle.