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Hugo - Le touble-fête


                Composé et interprété par Gaël Liardon




Victor Hugo - (1802-1885)

L'art d'être grand-père


Le touble-fête

Les belles filles sont en fuite
Et ne savent où se cacher.
Brune et blonde, grande et petite,
Elles dansaient près du clocher ;

Une chantait, pour la cadence ;
Les garçons aux fraîches couleurs
Accouraient au bruit de la danse,
Mettant à leurs chapeaux des fleurs ;

En revenant de la fontaine,
Elles dansaient près du clocher.
J’aime Toinon, disait le chêne ;
Moi, Suzon, disait le rocher.

Mais l’homme noir du clocher sombre
Leur a crié : - Laides ! fuyez !
Et son souffle brusque a dans l’ombre
Éparpillé ces petits pieds.

Toute la danse s’est enfuie,
Les yeux noirs avec les yeux bleus,
Comme s’envole sous la pluie
Une troupe d’oiseaux frileux.

Et cette déroute a fait taire
Les grands arbres tout soucieux,
Car les filles dansant sur terre
Font chanter les nids dans les cieux.

- Qu’a donc l’homme noir ? disent-elles.
Plus de chants ; car le noir témoin
A fait bien loin enfuir les belles,
Et les chansons encor plus loin.

Qu’a donc l’homme noir ? - Je l’ignore,
Répond le moineau, gai bandit ;
Elles pleurent comme l’aurore.
Mais un myosotis leur dit :

- Je vais vous expliquer ces choses.
Vous n’avez point pour lui d’appas ;
Les papillons aiment les roses,
Les hiboux ne les aiment pas.


Sully Prudhomme - Le réveil


                Composé et interprété par Gaël Liardon




René-François Sully Prudhomme - (1839-1907)

Les solitudes


Le réveil

Si tu m'appartenais (faisons ce rêve étrange ! ),
Je voudrais avant toi m'éveiller le matin
Pour m'accouder longtemps près de ton sommeil d'ange,
Egal et murmurant comme un ruisseau lointain.

J'irais à pas discrets cueillir de l'églantine,
Et, patient, rempli d'un silence joyeux,
J'entr'ouvrirais tes mains, qui gardent ta poitrine,
Pour y glisser mes fleurs en te baisant les yeux.

Et tes yeux étonnés reconnaîtraient la terre
Dans les choses où Dieu mit le plus de douceur,
Puis tourneraient vers moi leur naissante lumière,
Tout pleins de mon offrande et tout pleins de ton coeur.

Oh ! Comprends ce qu'il souffre et sens bien comme il aime,
Celui qui poserait, au lever du soleil,
Un bouquet, invisible encor, sur ton sein même,
Pour placer ton bonheur plus près de ton réveil !


Sully Prudhomme - Fort en thème


                Composé et interprété par Gaël Liardon




René-François Sully Prudhomme - (1839-1907)

Les vaines tendresses


Fort en thème

Vous aviez l’âge où flotte encore
La double natte sur le dos,
Mais où l’enfant qu’elle décore
Sent le prix de pareils fardeaux ;

L’âge où l’oeil déjà nous évite,
Quand, sous des vêtements moins courts,
Devant sa mère, droit et vite,
On va tous les matins au cours ;

Où déjà l’on pince les lèvres
Au tutoiement d’un grand garçon,
Lasse un peu des tendresses mièvres
Pour la poupée au coeur de son.

Alors mon idéal suprême
N’était pas l’inouï bonheur,
En aimant, d’être aimé moi-même,
Mais d’en mourir avec honneur,

De vous arracher votre estime
Sous les tenailles des bourreaux,
Dans un martyre magnanime,
Car les enfants sont des héros !

Si les enfants ont l’air timide,
C’est qu’ils n’osent que soupirer,
Se sentant le cour intrépide,
Mais trop humble pour espérer.

Comme un page épris d’une reine,
Je n’avais d’autre ambition
Que de ramasser dans l’arène
Votre gant au pied d’un lion !

Mais une demoiselle sage
Ne laisse pas traîner son gant.
Le vôtre, un jour, sur mon passage
Échappa de vos doigts pourtant.

Oh ! Ce fut bien involontaire !
Mais j’en frémis. Comment laisser
Sous vos yeux votre gant par terre,
Quand je n’avais qu’à me baisser ?

C’était au parloir du collège,
Pas un lion sur mon chemin.
-- « Allons, courage ! » me disais-je,
Le devoir me poussait la main ;

Mais mon trouble demandait grâce
Au défi de ce gant perdu,
Et c’est le dernier de ma classe,
Madame, qui vous l’a rendu.


Paul Fort et Georges Brassens - Il faut nous aimer vivants


        Composé et interprété par Gael Liardon

Ecouter sur DEEZER
Adapté, composé et interprété
par Eric Zimmermann



Georges Brassens - (1921-1981)


Il faut nous aimer vivants

Sans curé maire notaire
Ou avec ça se défend
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

A moins d’être au monastère
Et toi, ma belle au couvent
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

N’embarquons pas pour Cythère
Morts et froids les pieds devant
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

Quand même un Dieu salutaire
Renouerait nos coeurs fervents
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

Ma poussière et ta poussière
Deviendront le gré des vents
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant




Paul Fort - (1872-1960)

Poème d'origine :

Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant
Ta poussière et ma poussière
Deviendront le gré des vents



Du même auteur :
Chanson de fol
Chanson fatale
Comme Hier
Complainte du petit cheval blanc
Complainte du roi et de la reine
Enterrement de Verlaine
Il faut nous aimer vivants
La ronde
Le bonheur est dans le pré
Le chasseur perdu en forêt
Les baleines
Les boules de neige
Si le Bon Dieu l'avait voulu

Hugo - Claire


  Claire Pradier partie juste après Léopoldine Hugo

Ecouter la version chantée
sous le titre "Les enfants morts"
Compositeur : Gael Liardon
Interprète : Gael Liardon
- Diffusé par YOUTUBE -




Victor Hugo - (1802-1885)


Claire

...
Ils sont là, près de nous, jouant sur notre route ;
Ils ne dédaignent pas notre soleil obscur,
Et derrière eux, et sans que leur candeur s'en doute,
Leurs ailes font parfois de l'ombre sur le mur.
Ils viennent sous nos toits ; avec nous ils demeurent ;
Nous leur disons : Ma fille, ou : Mon fils ; ils sont doux,
Riants, joyeux, nous font une caresse, et meurent. -
O mère, ce sont là les anges, voyez-vous !

C'est une volonté du sort, pour nous sévère,
Qu'ils rentrent vite au ciel resté pour eux ouvert ;
Et qu'avant d'avoir mis leur lèvre à notre verre,
Avant d'avoir rien fait et d'avoir rien souffert,
Ils partent radieux ; et qu'ignorant l'envie,
L'erreur, l'orgueil, le mal, la haine, la douleur,
Tous ces êtres bénis s'envolent de la vie
A l'âge où la prunelle innocente est en fleur !

Nous qui sommes démons ou qui sommes apôtres,
Nous devons travailler, attendre, préparer ;
Pensifs, nous expions pour nous-même ou pour d'autres ;
Notre chair doit saigner, nos yeux doivent pleurer.
Eux, ils sont l'air qui fuit, l'oiseau qui ne se pose
Qu'un instant, le soupir qui vole, avril vermeil
Qui brille et passe ; ils sont le parfum de la rose
Qui va rejoindre aux cieux le rayon du soleil !

Ils sont l'étoile d'or se couchant dans l'aurore,
Mourant pour nous, naissant pour l'autre firmament ;
Car la mort, quand un astre en son sein vient éclore,
Continue, au delà, l'épanouissement !
Ils s'en vont ; c'est tantôt l'éclair qui les emporte,
Tantôt un mal plus fort que nos soins superflus.
Alors, nous, pâles, froids, l'oeil fixé sur la porte,
Nous ne savons plus rien, sinon qu'ils ne sont plus.

Nous disons : - A quoi bon l'âtre sans étincelles ?
A quoi bon la maison où ne sont plus leurs pas ?
A quoi bon la ramée où ne sont plus les ailes ?
Qui donc attendons-nous s'ils ne reviendront pas ? -
Ils sont partis, pareils au bruit qui sort des lyres.
Et nous restons là, seuls, près du gouffre où tout fuit,
Tristes ; et la lueur de leurs charmants sourires
Parfois nous apparaît vaguement dans la nuit.

Nous sentons frissonner leurs cheveux dans notre ombre ;
Nous sentons, lorsqu'ayant la lassitude en nous,
Nous nous levons après quelque prière sombre,
Leurs blanches mains toucher doucement nos genoux.
Ils nous disent tout bas de leur voix la plus tendre :
"Mon père, encore un peu ! ma mère, encore un jour !
"M'entends-tu ? je suis là, je reste pour t'attendre
"Sur l'échelon d'en bas de l'échelle d'amour."

Quand nous en irons-nous où vous êtes, colombes !
Où sont les enfants morts et les printemps enfuis,
Et tous les chers amours dont nous sommes les tombes,
Et toutes les clartés dont nous sommes les nuits ?
Quand nous en irons-nous où sont l'aube et la foudre ?
Quand verrons-nous, déjà libres, hommes encor,
Notre chair ténébreuse en rayons se dissoudre,
Et nos pieds faits de nuit éclore en ailes d'or ?
...


Edmond Rostand - La princesse


Composé et interprété par Gaël Liardon - Son site officiel



Edmond Rostand - (1868-1918)


La princesse

C'est chose bien commune
De soupirer pour une
Blonde, châtaine ou brune
Maîtresse,
Lorsque brune, châtaine
Ou blonde, on l'a sans peine...
Moi, j'aime la lointaine
Princesse !

C'est chose bien peu belle
D'être toujours fidèle,
Lorsqu'on peut baiser d'Elle
La traîne,
Lorsque parfois on presse
Une main qui se laisse...
- Moi, j'aime la Princesse
Lointaine.

Car c'est chose suprême
D'aimer sans qu'on vous aime,
D'aimer toujours, quand même,
Sans cesse,
D'une amour incertaine,
Plus noble d'être vaine...
Et j'aime la lointaine
Princesse.

Car c'est chose divine
D'aimer quand on devine,
Rêve, invente, imagine
A peine...
Le seul rêve intéresse,
Vivre sans rêve, qu'est-ce ?
Et j'aime la Princesse
Lointaine !



Du même auteur :
Ballade des gros dindons
La princesse
Ode à la musique
Pastorale des cochons roses
Souvenir vague ou les parenthèses
Toutes les fleurs

Charles d'Orléans - Par les portes des yeux


Composé et interprété par Gaël Liardon - Son site officiel




Charles d'Orléans - (1391-1463)


Par lez portes dez yeulx et dez oreilles

Par lez portes dez yeulx et dez oreilles,
Que chascun doit bien sagement garder,
Plaisir mondain va et vient sans cesser
Et raporte de diverses merveilles.

Pource, mon cueur, s'a Raison te conseilles,
Ne le laissez point devers toy entrer
Par lez portes dez yeulx et dez oreilles
Que chascun doit bien sagement garder.

A celle fin que par lui ne t'esveilles,
Veu qu'il te fault desormais reposer.
Dy lui : "Va t'en, sans jamais retourner!
Ne revien plus, car en vain te traveilles."


Desbordes-Valmore - Un arc de triomphe


   Composé et interprété par Gaël Liardon - Son site officiel



Marceline Desbordes-Valmore - (1786-1859)


Un arc de triomphe

Tout ce qu'ont dit les hirondelles
Sur ce colossal bâtiment,
C'est que c'était à cause d'elles
Qu'on élevait un monument.

Leur nid s'y pose si tranquille,
Si près des grands chemins du jour,
Qu'elles ont pris ce champ d'asile
Pour causer d'affaire, ou d'amour.


En hâte, à la géante porte,
Parmi tous ces morts triomphants,
Sans façon l'hirondelle apporte
Un grain de chanvre à ses enfants.

Dans le casque de la Victoire
L'une, heureuse, a couvé ses oeufs,
Qui, tout ignorants de l'histoire,
Eclosent fiers comme chez eux.

Voulez-vous lire au fond des gloires,
Dont le marbre est tout recouvert ?
Mille doux cris à têtes noires
Sortent du grand livre entr'ouvert.

La plus mince qui rentre en France
Dit aux oiseaux de l'étranger
"Venez voir notre nid immense.
Nous avons de quoi vous loger."

Car dans leurs plaines de nuages
Les canons ne s'entendent pas
Plus que si les hommes bien sages
Riaient et s'entr'aimaient en bas.

La guerre est un cri de cigale
Pour l'oiseau qui monte chez Dieu ;
Et le héros que rien n'égale
N'est vu qu'à peine en si haut lieu.

Voilà pourquoi les hirondelles,
A l'aise dans ce bâtiment,
Disent que c'est à cause d'elles
Que Dieu fit faire un monument.


Charles Cros - L'orgue


Composé et interprété par Gaël Liardon - Son site officiel

Ecouter sur DEEZER
Interprète : Damia
Compositeurs : P. Larrieu - L.Loreal




Charles Cros - Le Coffret de Santal


L'orgue

Sous un roi d'Allemagne, ancien,
Est mort Gottlieb le musicien.
Un l'a cloué sous les planches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Il est mort pour avoir aimé
La petite Rose-de-Mai.
Les filles ne sont pas franches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Elle s'est mariée, un jour,
Avec un autre, sans amour.
" Repassez les robes blanches! "
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Quand à l'église ils sont venus,
Gottlieb à l'orgue n'était plus,
Comme les autres dimanches.
Hou ! hou ! hou!
Le vent souffle dans les branches.

Car depuis lors, à minuit noir,
Dans la forêt on peut le voir
A l'époque des pervenches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Son orgue a les pins pour tuyaux.
Il fait peur aux petits oiseaux.
Morts d'amour ont leurs revanches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.


Edmond Rostand - Souvenir vague ou les parenthèses


Composé et interprété par Gaël Liardon - Son site officiel

Ecouter la version chantée
Interprétation : Julos Beaucarne
Composition : Julos Beaucarne
- Diffusé par DEEZER -



Edmond Rostand - (1868-1918)


Souvenir vague ou les parenthèses

Nous étions, ce soir-là, sous un chêne superbe
(Un chêne qui n'était peut-être qu'un tilleul)
Et j'avais, pour me mettre à vos genoux dans l'herbe,
Laissé mon rocking-chair se balancer tout seul.

Blonde comme on ne l'est que dans les magazines
Vous imprimiez au vôtre un rythme de canot ;
Un bouvreuil sifflotait dans les branches voisines
(Un bouvreuil qui n'était peut-être qu'un linot).

D'un orchestre lointain arrivait un andante
(Andante qui n'était peut-être qu'un flon-flon)
Et le grand geste vert d'une branche pendante
Semblait, dans l'air du soir, jouer du violon.

Tout le ciel n'était plus qu'une large chamarre,
Et l'on voyait au loin, dans l'or clair d'un étang
(D'un étang qui n'était peut-être qu'une mare)
Des reflets d'arbres bleus descendre en tremblotant.

Et tandis qu'un espoir ouvrait en moi des ailes
(Un espoir qui n'était peut-être qu'un désir),
Votre balancement m'éventait de dentelles
Que mes doigts au passage essayaient de saisir.

Votre chapeau de paille agitait sa guirlande
Et votre col, d'un point de Gênes merveilleux
(De Gênes qui n'était peut-être que d'Irlande),
Se soulevait parfois jusqu'à voiler vos yeux.

Noir comme un gros paté sur la marge d'un texte
Tomba sur votre robe un insecte, et la peur
(Une peur qui n'était peut-être qu'un prétexte)
Vous serra contre moi. - Cher insecte grimpeur !

L'ombre nous fit glisser aux chères confidences ;
Et dans votre grand oeil plus tendre et plus hagard
J'apercevais une âme aux profondes nuances
(Une âme qui n'était peut-être qu'un regard).



Du même auteur :
Ballade des gros dindons
La princesse
Ode à la musique
Pastorale des cochons roses
Souvenir vague ou les parenthèses
Toutes les fleurs

Couté - Le vieux trouvère


                              Composé et interprété par Gaël Liardon

Une autre version
Interprétation : Gérard Pierron
Composition : Gérard Pierron
- Diffusé par DEEZER -





Gaston Couté - (1880-1911)


Le vieux trouvère

Dans ce temps-là, je n'avais rien,
Rien du tout dans mon escarcelle,
Et ma lyre était tout mon bien ;
Dans ce temps-là je n'avais rien
Que de grands trous à mon pourpoint
Et le cœur de ma damoiselle.
Dans ce temps-là je n'avais rien,
Rien du tout dans mon escarcelle.

J'allais chanter dans les manoirs
La geste du vieux Charlemagne,
Et, gueux d'argent, riche d'espoirs,
J'allais chanter dans les manoirs
Devant les dames aux yeux noirs
Dont les barons faisaient compagne.
J'allais chanter dans les manoirs
La geste du vieux Charlemagne.

On m'aimait... j'étais adoré
Car j'avais ce qu'il faut pour plaire :
Le regard vif, l'air déluré ;
On m'aimait... j'étais adoré
Et m'étais toujours figuré
Qu'on vivait d'amour et d'eau claire.
On m'aimait... j'étais adoré
Car j'avais ce qu'il faut pour plaire.

Je payais souvent un baiser
D'un rondel ou d'une ballade
Lorsqu'on voulait bien me laisser,
Je payais souvent un baiser
Comme ça, sans jamais toucher
A ma bourse toujours malade,
Je payais souvent un baiser
D'un rondel ou d'une ballade.

Quand ma toute belle voulait
Un collier d'or aux lueurs folles
Pour entourer son cou fluet,
Quand ma toute belle voulait !...
Je lui faisais un chapelet
D'éblouissantes lucioles,
Quand ma toute belle voulait
Un collier d'or aux lueurs folles.

L'avenir était devant moi
Comme un jardin couvert de roses
Et, plus riant que pour un roi,
L'avenir était devant moi...
Mais, maintenant, au vieux beffroi
Vont sonner mes heures moroses.
L'avenir était devant moi
Comme un jardin couvert de roses.

Riche et vieux !... las ! m'ont dit adieu
Jeune pastoure et gente dame
Que mes cheveux blancs tentaient peu.
Riche et vieux !... las ! m'ont dit adieu
Car je n'attends qu'un mot de Dieu
Pour voir, vers lui, voler mon âme.
Riche et vieux !... las ! m'ont dit adieu
Jeune pastoure et gente dame !...


Charles d'Orléans - À ce jour de Saint Valentin


                              Composé et interprété par Gaël Liardon




Charles d'Orléans 1391-1463


À ce jour de Saint Valentin

À ce jour de Saint Valentin
Que chacun doit choisir son pair
Amours, demeurerai-je non pair
Sans partir à votre butin ?

À mon réveiller au matin
Je n’y ai cessé de penser
À ce jour de Saint Valentin
Que chacun doit choisir son pair

Mais Nonchaloir, mon médecin,
M’est venu le poulse tâter
Qui m’a conseillé reposer
Et rendormir sur mon coussin

À ce jour de Saint Valentin
Que chacun doit choisir son pair
Amours, demeurerai-je non pair
Sans partir à votre butin ?