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Louise de Vilmorin - Plus jamais


Ecouter sur DEEZER
Mis en musique et adapté
par Guy Béart




Louise de Vilmorin - (1902-1969)

L’alphabet des aveux


Plus jamais

Seul le texte en bleu
est chanté (dans le désordre)


Plus jamais de chambre pour nous,
Ni de baisers à perdre haleine
Et plus jamais de rendez-vous
Ni de saison, d’une heure à peine,
Où reposer à tes genoux.

Pourquoi le temps des souvenirs
Doit-il me causer tant de peine
Et pourquoi le temps du plaisir
M’apporte-t-il si lourdes chaînes
Que je ne puis les soutenir ?

Rivage, oh ! rivage où j’aimais
Aborder le bleu de ton ombre,
Rives de novembre ou de mai
Où l’amour faisait sa pénombre
Je ne vous verrai plus jamais.

Plus jamais. C’est dit. C’est fini
Plus de pas unis, plus de nombre,
Plus de toit secret, plus de nid,
Plus de lèvres où fleurit et sombre
L’instant que l’amour a béni.

Quelle est cette nuit dans le jour ?
Quel est dans le bruit ce silence ?
Mon jour est parti pour toujours,
Ma voix ne charme que l’absence,
Tu ne me diras pas bonjour.


Tu ne diras pas, me voyant,
Que j’illustre les différences,
Tu ne diras pas, le croyant,
Que je suis ta bonne croyance
Et que mon coeur est clairvoyant.

Mon temps ne fut qu’une saison.
Adieu saison vite passée.
Ma langueur et ma déraison
Entre mes mains sont bien placées
Comme l’amour en sa maison.

Adieu plaisirs de ces matins
Où l’heure aux heures enlacée
Veillait un feu jamais éteint.
Adieu. Je ne suis pas lassée
De ce que je n’ai pas atteint.



Du même auteur :
Au-delà (Choisir n’est pas trahir)
Aux officiers de la garde blanche
Dans l'herbe
Fleurs
La dame d'André
Le corset
Les rimes du coeur
Plus jamais

André Hardellet - Bal chez Temporel


Ecouter la version chantée
Interprétation : Guy Béart
Composition : Guy Béart
- Diffusé par DEEZER -
Interprétation : Patachou
Composition : Guy Béart
- Diffusé par DEEZER -



André Hardellet - (1911-1974)


Bal chez Temporel

Si tu reviens jamais danser chez Temporel
Un jour ou l'autre
Pense à ceux qui tous ont laissé leurs noms gravés
Auprès du nôtre

D'une rencontre au bord de l'eau
Ne restent que quatre initiales
Et deux coeurs taillés au couteau
Dans le bois des tables bancales

Si tu reviens jamais danser chez Temporel
Un jour ou l'autre
Pense à ceux qui tous ont laissé leurs noms gravés
Auprès du nôtre

Sur le vieux comptoir tu pourras
Si le coeur t'en dit boire un verre
En l'honneur de nos vingt carats
Qui depuis se sont fait la paire

Si tu reviens jamais danser chez Temporel
Un jour ou l'autre
Pense aux doigts qui tous ont laissé quelques "je t'aime"
Auprès du nôtre

Dans ce petit bal mal famé
C'en est assez pour que renaisse
Ce qu'alors nous avons aimé
Et pour que tu le reconnaisses

Si tu reviens jamais danser chez Temporel
Un jour ou l'autre
Pense aux bonheurs qui sont passés là simplement
Comme le nôtre



Ecouter la version chantée
Interprétation : Cora Vaucaire
Composition : Guy Béart
- Diffusé par DEEZER -
Interprétation : Marc Ogeret
Composition : Guy Béart
- Diffusé par DEEZER -

Béart - C'est l'espérance folle


        L'interprétation d'Isabelle Aubret - Compositeur : Guy Béart

La version originale
Composée et interprétée
par Guy Béart
- Diffusé par DEEZER -



Guy Béart - (1930-2015)


C'est l'espérance folle

C'est l'espérance folle
Qui nous console
De tomber du nid
Et qui demain prépare
Pour nos guitares
D'autres harmonies

S'élève l'espérance
Dans le silence
Soudain de la nuit
Et les matins qui chantent
Déjà enchantent
Nos soirs d'aujourd'hui

Viens
C'est la fête en semaine viens
Je t'attends,tu le sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens
Si les larmes t'ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent

C'est l'espérance folle
Qui carambole
Les tombes du temps
Je vois dans chaque pierre
Cette lumière
De nos coeurs battants

La mort c'est une blague
La même vague
Nous baigne toujours
Et cet oiseau qui passe
Porte la trace
D'étranges amours

Viens
C'est la fête en semaine viens
Je t'attends tu le sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens
Si les larmes t'ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent

C'est l'espérance folle
Qui danse et vole
Au dessus des toits
Des maisons et des places
La terre est basse
Je vole avec toi

Tout est gagné d'avance
Je recommence
Je grimpe pieds nus
Au sommet des montagnes
Mâts de cocagne
Des cieux inconnus



Du même auteur :
C'est l'espérance folle
Couleurs vous êtes des larmes
Hôtel-Dieu
Il n’y a plus d’après
Jéhovah
Moitié toi, moitié moi
Poste restante
Vous

Béart - Vous


        De g. à dr. Georges Brassens, Jacques Brel, Guy Béart, Bobby Lapointe

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Guy Béart



Guy Béart - (1930-2015)


Vous

Ce qu'il y a de bon en vous c'est vous
Tout le reste ne vaut rien du tout
Tout ce qu'il y a autour
N'est que matière à discours
Pour le reste, je me tais c'est vous

Quand je vais à notre rendez-vous
Je me dis ce que les gens sont fous
De ne pas venir avec moi
C'est vrai qu'ils ne savent pas
Ce que c'est que d'être auprès de vous

Certains me disent du mal de vous
Mais vous voyez bien que je m'en fous
Tout le bien et tout le mal
S'additionnent c'est normal
Ce qu'il en sort le meilleur c'est vous

Ah ! j'aimerais tant jouer avec vous
Même si je reste sans atout
Sans un as mes rois abdiquent
Je n'ai plus le moindre pique
Me reste un seul cœur il est à vous

C'est fini je reste au garde à vous
Et je ne dirai plus rien du tout
Ah ! j'aurais pu dire encor
Que j'aime tant votre corps
C'est faux ce que j'aime en vous c'est vous



Du même auteur :
C'est l'espérance folle
Couleurs vous êtes des larmes
Hôtel-Dieu
Il n’y a plus d’après
Jéhovah
Moitié toi, moitié moi
Poste restante
Vous

Béart - Hôtel-Dieu



Ecouter sur DEEZER
Auteur/Compositeur : Guy Béart
Interprète : Henri Tachan
version chantée a cappella



Guy Béart - (1930-2015)


Hôtel-Dieu

Pour une femme morte dans votre hôpital,
Je réclame, Dieu, votre grâce.
Si votre paradis n'est pas ornemental,
Gardez-lui sa petite place.
La voix au téléphone oubliait la pitié;
Alors j'ai couru dans la ville.
Elle ne bougeait plus déjà d'une moitié,
L'autre est maintenant immobile.
Bien qu'elle fût noyée à demi par la nuit,
Sa parole était violence.
Elle m'a dit : "Appelle ce docteur",
Et lui, il a fait venir l'ambulance.
O temps cent fois présent du progrès merveilleux,
Quand la vie et la mort vont vite,
Où va ce chariot qui court dans l'Hôtel-Dieu,
L'hôtel où personne n'habite ?
D'une main qui pleurait de l'encre sur la mort,
Il fallut remplir quelques fiches.
Moi, je pris le métro, l'hôpital prit son corps,
Ni lui ni elle n'était riche.
Je revins chaque fois dans les moments permis,
J'apportais quelques friandises.
Elle me souriait, un sourire à demi,
De l'eau tombait sur sa chemise.
Elle ne bougeait plus, alors elle a pris froid :
On avait ouvert la fenêtre,
Une infirmière neutre aux gestes maladroits
- en son hôtel Dieu n'est pas maître.
Ma mère m'embrassa, sur la main me bénit,
- et moi, je ne pouvais rien dire -
En marmonnant "Allons, c'est fini, c'est fini",
Toujours dans un demi-sourire.
Cette femme a péché, cette femme a menti,
Elle a pensé des choses vaines.
Elle a couru, souffert, élevé deux petits
Si l'autre vie est incertaine.
Et si vous êtes là, et si vous êtes mûr,
Que sa course soit terminée !
On l'a mise à Pantin dans un coin près du mur.
Derrière on voit des cheminées.



Du même auteur :
C'est l'espérance folle
Couleurs vous êtes des larmes
Hôtel-Dieu
Il n’y a plus d’après
Jéhovah
Moitié toi, moitié moi
Poste restante
Vous

Béart - Poste restante


Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Guy Béart



Guy Béart - (1930-2015)


Poste restante

On s'écrivait de tendres choses
Des mots pervers mais innocents
Et rouge comme notre sang
De les redire ici je n'ose

J'ai tenté de brûler ces pages
Rien à faire et je les relis
Tes arrondis les yeux remplis
De ces courbes à ton image

On s'écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes


Quand tu me griffais de ta plume
Je restais tout pâle interdit
Sous ta griffe encore aujourd'hui
Ma fièvre ancienne se rallume

Depuis lors sous d'autres couleurs
J'ai battu je me suis fait battre
Ta guerre seule est opiniâtre
Tu m'avais fait battre le coeur

Un jour ma lettre me revint
Tu n'allais plus jusqu'à la poste
Tu avais déserté le poste
Et mes lettres partaient en vain

Et revenaient me prendre ailleurs
Ici là je changeais d'adresse
Et m'atteignaient dans ma détresse
Tous ces "retours à l'envoyeur"

Que monte une flamme nouvelle
Sur cette cendre désormais
Si tu vois combien je t'aimais
Entre tes lignes se révèle

Ce qu'hier je n'ai pas su lire
Il faut du temps pour faire un coeur
N'as-tu pas détruit par rancoeur
Ce qu'hier je n'ai pas su dire



Ecouter sur DEEZER
Interprété par Patachou
Sur une musique de Guy Béart

Du même auteur :
C'est l'espérance folle
Couleurs vous êtes des larmes
Hôtel-Dieu
Il n’y a plus d’après
Jéhovah
Moitié toi, moitié moi
Poste restante
Vous

Philippe Desportes - Stances du mariage


                                Philippe Desportes par Mathieu Jacquet

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Guy Béart



Philippe Desportes (1546-1606)


Stances du mariage

De toutes les fureurs dont nous sommes pressez,
De tout ce que les cieux ardemment courroucez
Peuvent darder sur nous de tonnerre et d’orage,
D’angoisseuses langueurs, de meurtre ensanglanté,
De soucis, de travaux, de faim, de pauvreté,
Rien n’approche en rigueur la loy de Mariage.

Escoutez ma parole, ô Mortels esgarez,
Qui dans la servitude aveuglement courez,
Et voyez quelle femme au moins vous devez prendre :
Si vous l’espousez riche, il se faut preparer,
De servir, de souffrir, de n’oser murmurer,
Aveugle en tous les faits, et sourd pour ne l’entendre.

Si vous la prenez pauvre, avec la pauvreté
Vous espousez aussi mainte incommodité :
La charge des enfans, la peine, et l’infortune,
Le mespris d’un chacun vous fait baisser les yeux,
Le soing rend vos esprits chagrins et soucieux :
Avec la pauvreté toute chose importune.

Si vous l’espousez belle, asseurez-vous aussi
De n’estre jamais franc de crainte et de souci :
L’œil de vostre voisin comme vous la regarde,
Un chacun la desire : et vouloir l’empescher,
C’est égaller Sisyphe et monter son rocher.
Une beauté parfaicte est de mauvaise garde.

Si vous la prenez laide, adieu toute amitié :
L’esprit tenant du corps est plein de mauvaistié.
Vous aurez la maison pour prison tenebreuse,
Le Soleil desormais à vos yeux ne luira :
Bref, on peut bien penser s’elle vous desplaira,
Puis qu’une femme belle en trois jours est fascheuse.

O supplice infernal en la terre transmis
Pour gesner les humains, gesne mes ennemis,
Qu’ils soient chargez de fers, de tourmens et de flamme :
Mais fui de ma maison, n’approche point de moi,
Je hay plus que la mort ta rigoureuse loi,
Aimant mieux espousez un tombeau qu’une femme.



Du même auteur :
D'une fontaine
Rosette, pour un peu d'absence
Stances du mariage
Sur la mort de Diane
Vous ne voulez pas

Béart - Jéhovah



Une version complète
Composée et interprétée
par Guy Béart



Guy Béart - (1930-2015)


Jéhovah

Mon Dieu, protège-moi du beau
Quand il n'est que masque du diable
Eclaire-moi de ton flambeau
Insaisissable
Ô Jehovah

Mon Dieu garde-moi des gentils
Ceux qui ne sont que tout sourire
Leurs dents montrent leur appétit
Qui nous déchire
Ô Jehovah

Mon Dieu, mon Dieu,
Ne l'oublie pas
Ce caillou vieux
Que tu sauvas


Mon Dieu confonds les religions
Bureaucraties de ta croyance
Qui ensanglantent nos régions
De leurs vengeances
Ô Jehovah

Mon Dieu garde-moi de ces fous
Qui t'invoquent en simulacre
Qui font de toi le dieu des loups
Et des massacres
Ô Jehovah

Mon Dieu ne laisse pas Satan
Nous éprouver son règne dur
Celui que Job connut au temps
De sa torture
Ô Jehovah

Mon Dieu aveugle les idoles
Dans leurs rouages
Et leurs images
Qui nous séduisent et nous cajolent
Dans l'esclavage
Ô Jehovah



Du même auteur :
C'est l'espérance folle
Couleurs vous êtes des larmes
Hôtel-Dieu
Il n’y a plus d’après
Jéhovah
Moitié toi, moitié moi
Poste restante
Vous

Béart - Couleurs vous êtes des larmes


Composé et interprété
par Guy Béart
Version INA Diffusée par YOUTUBE



Guy Béart - (1930-2015)


Couleurs vous êtes des larmes

Dors mon enfant c´est déjà l´heure
Ça ne sert à rien que tu pleures
Dans tes yeux couleur d´arc-en-ciel
Il y a des larmes de sel
Couleurs vous êtes des larmes
Couleurs vous êtes des pleurs

Elle est en couleur mon histoire
Il était blanc elle était noire
La foule est grise grise alors
Il y aura peut-être un mort
Couleurs vous êtes des larmes
Couleurs vous êtes des pleurs

Il lui a donné des cerises
Et noire sa main les a prises
Et rouge sa bouche a mordu
Il y a demain un pendu
Couleurs vous êtes des larmes
Couleurs vous êtes des pleurs

Voici des fleurs toutes bien faites
De la rose à la violette
Le bouquet qu´il lui a offert
Etait bleu rouge jaune et vert
Couleurs vous êtes des larmes
Couleurs vous êtes des pleurs

Ils ont couru jusqu´au rivage
Ils riaient de tout leur visage
Ils se sont baignés dans la mer
Il y aura des revolvers

La mer est bleue pour tout le monde
Pour les peaux brunes et les peaux blondes
Quand l´homme s´y baigne en passant
Il y a des gouttes de sang
Couleurs vous êtes des larmes
Couleurs vous êtes des pleurs

Ce sang qui coule jusqu´à terre
Mon enfant ferme tes paupières
Pourvu que tu ne saches rien
Ce sang qui coule c´est le tien
Couleurs vous êtes des larmes
Couleurs vous êtes des pleurs

Les larmes sont partout pareilles
Sèche tes yeux qui s´ensommeillent
Dors mon enfant ne pleure pas
Tu ne sais pas encore pourquoi
Couleurs vous êtes des larmes
Couleurs vous êtes des pleurs






Du même auteur :
C'est l'espérance folle
Couleurs vous êtes des larmes
Hôtel-Dieu
Il n’y a plus d’après
Jéhovah
Moitié toi, moitié moi
Poste restante
Vous

Beart - Il n'y a plus d'après



Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Guy Béart
Ecouter sur DEEZER
Interprété par Les 3 ménestrels
Composé par Guy Béart



Guy Béart - (1930-2015)


Il n’y a plus d’après

Maintenant que tu vis
A l’autre bout de Paris
Quand tu veux changer d’âge
Tu t’offres un long voyage

Tu viens me dire bonjour
Au coin de la rue du Four
Tu viens me visiter
A Saint-Germain-des-Prés

Il n’y a plus d’après
A Saint-Germain-des-Prés
Plus d’après demain
Plus d’après midi
Il n’y a qu’aujourd’hui

Quand je te reverrai
A Saint-Germain-des-Prés
Ce ne sera plus toi
Ce ne sera plus moi
Il n’y a plus d’autrefois

Tu me dis : "comme tout change"
Les rues te semblent étranges
Même les cafés crème
N’ont plus le goût que tu aimes

C’est que tu es une autre
C'est que je suis un autre
Nous sommes étrangers
A Saint-Germain-des-Prés

Il n’y a plus d’après
A Saint-Germain-des-Prés
Plus d’après demain
Plus d’après midi
Il n’y a qu’aujourd’hui

Quand je te reverrai
A Saint-Germain-des-Prés
Ce ne sera plus toi
Ce ne sera plus moi
Il n’y a plus d’autrefois

A vivre au jour le jour
La moindre des amours
Prenait dans ces ruelles
Des allures éternelles

Mais à la nuit la nuit
C’était bientôt fini
Voici l’éternité
De Saint-Germain-des-Prés

Il n’y a plus d’après
A Saint-Germain-des-Prés
Plus d’après demain
Plus d’après midi
Il n’y a qu’aujourd’hui

Quand je te reverrai
A Saint-Germain-des-Prés
Ce ne sera plus toi,
Ce ne sera plus moi
Il n’y a plus qu’autrefois



Du même auteur :
C'est l'espérance folle
Couleurs vous êtes des larmes
Hôtel-Dieu
Il n’y a plus d’après
Jéhovah
Moitié toi, moitié moi
Poste restante
Vous

Béart - Moitié toi, moitié moi

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Guy Béart



Guy Béart - (1930-2015)


Moitié toi, moitié moi

Je suis proche par alliance
D'une certaine enfant
A laquelle je pense
Presque tout le temps

Car elle est fille d'Eve
Je suis fils d'Adam
La distance est si brève
Nous sommes parents

Tu es moitié toi
Tu es moitié moi
L'envers à l'envers
L'endroit à l'endroit
Moitié toi
Et moitié moi
Je suis ton vice et versa


Et qu'aurais-je pu faire
Si pour mon malheur
J'avais été son frère
Qu'elle fût ma soeur

Nous n'aurions pu nous dire
Cette chanson-là
Ni même nous reproduire
En duplicata

Quand je suis coupé d'elle
Mon corps estropié
Ne bat plus que d'une aile
Et saute à cloche-pied

Je n'ai plus qu'une lèvre
Je me laisserais languir
De faim de soif de fièvre
Et de souvenir

Quand elle quitte sa chemise
Ou mon pyjama
Tout son corps se déguise
En panorama

Quand la nuit elle s'agite
Qu'elle a peur du loup
Pour s'enfuir elle prend vite
Ses jambes à mon cou

Quand nous mangeons des pommes
Elle va se confesser
Et raconte au bonhomme
D'abord mes péchés

Puis elle fait pénitence
Pour elle et pour moi
En nous sevrant de danse
Le reste du mois

Si demain je la couche
Sur mon testament
Je lui lègue ma bouche
Généreusement

Mais sitôt solitaire
Elle me dira
Je viens prendre sous terre
Ma place en tes bras



Du même auteur :
C'est l'espérance folle
Couleurs vous êtes des larmes
Hôtel-Dieu
Il n’y a plus d’après
Jéhovah
Moitié toi, moitié moi
Poste restante
Vous

Ronsard - Quand au temple nous serons


Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété par
Guy Béart


Pierre de Ronsard - (1524-1585)


Quand au temple nous serons

Quand au temple nous serons
Agenouillés, nous ferons
Les dévots selon la guise
De ceux qui pour louer Dieu
Humbles se courbent au lieu
Le plus secret de l'église.

Mais quand au lit nous serons
Entrelacés, nous ferons
Les lascifs selon les guises
Des amants qui librement
Pratiquent folâtrement
Dans les draps cent mignardises.

Pourquoi donque, quand je veux
Ou mordre tes beaux cheveux,
Ou baiser ta bouche aimée,
Ou toucher à ton beau sein,
Contrefais-tu la nonnain
Dedans un cloître enfermée ?

Pour qui gardes-tu tes yeux
Et ton sein délicieux,
Ta joue et ta bouche belle ?
En veux-tu baiser Pluton
Là-bas, après que Charon
T'aura mise en sa nacelle ?

Après ton dernier trépas,
Grêle, tu n'auras là-bas
Qu'une bouchette blêmie ;
Et quand mort, je te verrais
Aux Ombres je n'avouerais
Que jadis tu fus m'amie.

Ton test n'aura plus de peau,
Ni ton visage si beau
N'aura veines ni artères :
Tu n'auras plus que les dents
Telles qu'on les voit dedans
Les têtes des cimeteres.

Donque, tandis que tu vis,
Change, maîtresse, d'avis,
Et ne m'épargne ta bouche :
Incontinent tu mourras,
Lors tu te repentiras
De m'avoir été farouche.

Ah, je meurs ! Ah, baise-moi !
Ah, maîtresse, approche-toi !
Tu fuis comme faon qui tremble.
Au moins souffre que ma main
S'ébatte un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble.



Ecouter sur DEEZER
Interprété par
Pierre Perret