1690 Poésies chantées dans la langue de Molière De Charles d'Orléans à Serge Gainsbourg Tous les textes sont accompagnés d'un enregistrement musical
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Interprétation : Early Music Consort
Composition : Guillaume de Machaut
Guillaume de Machaut - (vers 1300-1377)
Phyton, le mervilleus serpent
Phyton, le mervilleus serpent
Que Phebus de sa flesche occit.
Avoit la longueur d'un erpent,
Si com Ovides le descrit.
Mais onques homs serpent ne vit
Si fel, si crueus ne fier
Com le serpent qui m'escondit,
Quant à ma dame merci quier.
Il ha sept chiés, et vraiement,
Chascuns à son tour contredit
La grace, où mon vray desir tent,
Dont mes cuers an doleur languit:
Ce sont Refus, Desdaing, Despit,
Honte, Paour, Durte, Dangier,
Qui me blessent en l'esperit,
Quant à ma dame merci quier.
Si ne puis durer longuement,
Car ma dame tres douce rit
Et prent deduit en mon tourment
Et ès meschiés, où mes cuers vit.
Ce me destruit, ce me murdrit,
Ce me fait plaindre et larmoier,
Ce me partue et desconfit,
Quant à ma dame merci quier.
Interprété par l'ensemble Musica Nova - Début du chant après 1 min. 58
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Interprétation : Ensemble Musica Nova
Composition : Guillaume de Machaut
Sans introduction musicale
Compositeur : Guillaume de Machaut
Interprète : Ensemble Musica Nova
- Diffusé par YOUTUBE -
Guillaume de Machaut - (vers 1300-1377)
De Fortune me dois plaindre et louer
De Fortune me doy pleindre et loer
Ce m'est avis, plus qu'autre creature
Car quant premiers encommancay l'amer
Mon cuer, m'amour, ma pensee, ma cure
Mis si bien a mon plaisir
Qu'a souhaidier peusse je faillir
N'en ce monde ne fust mie trouvee
Dame qui fust si tres bien assenee.
Car je ne puis penser n'ymaginer
Ne dedens moy trouver c'onques Nature
De quanqu'on puet bel et bon appeller
Peust faire plus parfaite figure
De celui, ou mi desir
Sont et seront a tous jours sans partir;
Et pour ce croy qu'onques mais ne fu nee
Dame qui fust si tres bien assenee.
Lasse! or ne puis en ce point demourer
Car Fortune qui onques n'est seure
Sa roe wet encontre moy tourner
Pour mon las cuer mettre a desconfiture
Mais en foy, jusqu'au morir
Mon dous ami weil amer et chierir.
C'onques ne dut avoir fausse pensee
Dame qui fust si tres bien assenee.
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Version moderne
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De Fortune me dois plaindre et louer
A mon avis, plus qu’autre créature
Car quand commençait à peine à l’aimer
Mon coeur, mon amour, ma pensée, ma cure (1)
M’ont si bien mis en plaisir
Que mon souhait ne pouvait que faillir
Qu’en ce monde ne fut jamais trouvé
Dame qui serait aussi bien dotée (2)
Je ne peux penser ni imaginer
Ni croire en moi que jamais la Nature
Du plus qu’on peut bel et bien désirer
Ne put faire aussi parfaite figure
Qu’elle, ou sinon mon désir
Est et sera pour toujours sans partir ;
Aussi je crois que jamais ne fut née
Dame qui serait aussi bien dotée.
Las ! Je ne peux en ce point demeurer
Car Fortune qui jamais ne fut sure
Vient sa roue à mon encontre tourner
Et mon coeur las mettre en déconfiture.
Fidèle, jusqu’au mourir
Veux ma douce amie aimer et chérir.
Jamais n’aurait une fausse pensée
Dame qui serait aussi bien dotée.