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Aragon - Ainsi Prague


                Interprétation de Marc Ogeret sur une musique d'Hélène Martin

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Hélène Martin
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Francesca Solleville
Composition : Hélène Martin




Louis Aragon - (1897-1982)


Ainsi Prague

Autre titre : Prose de Nezval

Ainsi Prague a perdu son âme et son poète
Lorsque j'irai tantôt je ne l'y verrai pas
Et son coeur s'est brisé comme un verre qu'on jette
À la fin du repas

Lorca Maïakovski Desnos Apollinaire
Leurs ombres longuement parfument nos matins
Le ciel roule toujours les feux imaginaires
De leurs astres éteints

Contre le chant majeur la balle que peut-elle
Sauf contre le chanteur que peuvent les fusils
La terre ne reprend que cette chair mortelle
Mais non la poésie

Ce siècle est au-delà du minuit de son âge
Ses poètes n'ont plus besoin d'être achevés
Ils ont usé leur vie au danger des images
Et croient avoir rêvé

Il se fit dans Paris un silence de neige
Un réveil de novembre à neuf heures battant
Quand Éluard partit rejoindre le cortège
Nezval meurt au printemps

C'est de sa belle mort comme disent les hommes
Qu'il meurt Nezval et tout par conséquent est bien
Il ne faut pas pleurer dans ce siècle où nous sommes
Cela ne sert à rien

Il meurt l'enfant terrible aux jours des primevères
Pâques éperdument auront sonné pour lui
Ses paupières fermées ses doigts se sont rouverts
Ses derniers vers ont lui

Dans le monde en gésine inhumain pathétique
Il tourne au firmament à jamais ses yeux bleus
Visage émerveillé des peintures gothiques
Soleil de quand il pleut

Il est entré vivant dans les cieux du folklore
Y chantant sa mère et la paix pareillement
Il nous montre demain comme une bague d'or
Dans la main d'un amant

Nezval de qui le nom notre lèvre façonne
Nezval attends un peu j'arrive à tes côtés
Du jour qui fut si beau déjà le soir frissonne
Et d'autres vont chanter



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Marie Maya
Composition : Hélène Martin

Mac Orlan - La fille des bois


Ecouter sur DEEZER
Interprété par Monique Morelli
Musique de Léo Ferré
Ecouter sur DEEZER
Interprété par Francesca Soleville
Musique de Léo Ferré




Pierre Mac Orlan - (1882-1970)


La fille des bois

Quand je me souviens de ma belle enfance
Et des boniments que j’ai entendus
Sur le mois de Mai et ses espérances
J’étais l’oiselet piégé dans la glu
J’étais une enfant, c’est incontestable
Mais une enfant moche comme je ne sais quoi
Par définition une enfant coupable
Quêtant l’aventure le soir au coin d’un bois

Au coin de ce bois pleurait la chevêche
Elle en avait l’air, mais cette garce-là
Au lieu de gémir se riait de ma dèche
Et de mes pieds nus bleuis par le froid
Une nuit j’aperçus aux branches d’un chêne
Deux ou trois pendus en guise de pavois
Les freux ressemblaient à des fruits d’ébène
Alors j’esquissais le signe de la croix.

C’était le chef d'oeuvre d’un grand capitaine
Qui peuplait le pays de ses souvenirs
J’étais bien trop jeune pour sentir ma peine
Ça ne m’empêchait pas de me rendormir
Les marpauts venus d’un pauvre village
Galopaient la nuit de peur des narquois
Mais moi j’attendais sans doute un beau page
Vêtu d’écarlate coiffé comme un roi

La nature est bonne pour tout ce qui bouge
Plus tard un vaurien m’a prise par la main
Ceux du coin du bois l’appelaient d’Auneau le Rouge
Il m’a dit: "saute gueuse, le lit est dans le foin"
Ce fut la kermesse tendre et libertine
Jusqu’au jour fatal où je le vis tout droit;
Dans l’aube livide quand la guillotine
Tendait ses deux bras devant le beffroi

Alors comme il faut une fin à toutes choses
Aussi décrépite qu’un hibou tondu
Je suis revenue prendre ma pose
A l’orée du bois du bon temps perdu
C’est l’heure de la fin pour les vielles drôlesses
Je ne vaux pas plus qu’un fagot de bois mort
C’est peut-être l’image d’une vie sans sagesse
Mais pour la sagesse... c’était pas mon fort.




Ecouter sur DEEZER
Interprété par Catherine Sauvage
Musique de Léo Ferré

Du même auteur :
Jean de la Providence de Dieu
La Belle de Mai
La chanson de Margaret
La fille de Londres
La fille des bois
Le pont du nord
Marie-Dominique
Tendres promesses

Aragon - Epilogue



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Jean Ferrat
Composition : Jean Ferrat




        Louis Aragon - (1897-1982)


    Epilogue

La vie aura passé comme un grand château triste que tous les vents traversent
Les courants d'air claquent les portes et pourtant aucune chambre n'est fermée
Il s'y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés
Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu'on n'en peut plus baisser la herse

Quand j'étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges
Ah comme j'y ai cru comme j'y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
Et ce qu'il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
Vous n'aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes

Bien sûr bien sûr vous me direz que c'est toujours comme cela mais justement
Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l'engrenage
Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
Est - ce qu'on peut avoir le droit au désespoir le droit de s'arrêter un moment

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Songez qu'on n'arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien
Et que tout est remis en cause du moment que l'homme de l'homme est comptable
Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d'épouvantables
Car il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien

Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
Rappelez vous que nous avons aussi connu cela que d'autres sont montés
Arracher le drapeau de servitude à l'Acropole et qu'on les a jetés
Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l'histoire

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant
En face pour savoir en triompher Le chant n est pas moins beau quand il décline
Il faut savoir ailleurs l'entendre qui renaît comme l'écho dans les collines
Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l'ensemble des chants

Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu'une voix se taise
Sachez le toujours le choeur profond reprend la phrase interrompue
Du moment que jusqu'au bout de lui même le chanteur a fait ce qu'il a pu
Qu'importe si chemin faisant vous allez m'abandonner comme une hypothèse

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre


Aragon - La rose du premier de l'an


        Compositeur : Philippe-Gerard - Interprète : Francesca Soleville

La version audio
Interprétation : Francesca Soleville
Composition : Philippe-Gerard
- Diffusé par DEEZER -
Autre version audio
Interprétation : Jean-Claude Pascal
Composition : Philippe-Gerard
- Diffusé par DEEZER -




Louis Aragon - (1897-1982)


La rose du premier de l'an

Connaissez-vous la rose-lune
Connaissez-vous la rose-temps
L'autre ressemble autant à l'une
Que dans le miroir de l'étang
L'une à l'autre se reflétant

Connaissez-vous la rose-amère
Faite de sel et de refus
Celle qui fleurit sur la mer
Entre le flux et le reflux
Comme l'arc après qu'il a plu

La rose-songe et la rose-âme
Par bottes au marché vendues
La rose-jeu la rose-gamme
Celle des amours défendues
Et la rose des pas perdus

Connaissez-vous la rose-crainte
Connaissez-vous la rose-nuit
Toutes les deux qui semblent peintes
Comme à la lèvre est peint le bruit
Comme à l'arbre est pendu le fruit

Toutes les roses que je chante
Toutes les roses de mon choix
Toutes les roses que j'invente
Je les vante en vain de ma voix
Devant la Rose que je vois.


Allain Leprest - Je ne te salue pas



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Allain Leprest
Composition : Romain Didier
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Francesca Solleville
Composition : Romain Didier



Allain Leprest - (1954-2011)


Je ne te salue pas

Je ne te salue pas
Toi qui vis dans les cieux
Athée, j´habite en bas
De ton toit prétentieux
En fumeur de havane
Gros beauf qui te pavanes
Au milieu des charniers
Avec tes dobermans
Je ne te salue pas
Toi qui te crois mon Dieu

Je ne te salue pas
Toi qui vis dans les cieux
Pacha, mauvais sherpa
Coupeur de bites en deux
P.D.G. des nuages
Vendeur de faux voyages
Dealer de poudre aux yeux
Metteur de filles en cage
Je ne te salue pas
Toi qui te crois mon Dieu

Je ne te salue pas
Toi qui vis dans les cieux
Le monde, et pourquoi pas?
Un gosse aurait fait mieux
Fait l´amour à l´atome
Doublé la couche d´ozone
Eve aurait eu le droit
De faire des tartes aux pommes
Je ne te salue pas
Toi qui te crois mon Dieu

Je ne te salue pas
Toi qui vis dans les cieux
Je suis né à Couba
Quelque part en banlieue
Tes bourses à Washington
Ton pape et ta madone
L´univers les oublie
Et Satan les pardonne
Je ne te salue pas
Toi qui te crois mon Dieu

Je ne te salue pas
Toi qui vis dans les cieux
A mon dernier repas
Appelle-moi "Monsieur"
Pas "mon fils" ni "machin"
Un père, j´en ai déjà un
Qui arrachait les clous
Quand on clouait mes poings
Je ne te salue pas
Toi qui te crois mon Dieu

Je ne te salue plus
Toi qui vis dans les nues
Si ton plafond s´effondre
Epargne un peu le monde
Mais qu´au moins soient sauvés
Ceux qui savent leurs avés
En ce qui me concerne
Je balance un pavé
Un pavé rouge et bleu
Dans la vitre des dieux

Se peut-il être sans clocher
Une insulte pour t´approcher?


Mac Orlan - Le pont du nord


Ecouter sur DEEZER
Interprété par Francesca Solleville
Musique de Philippe-Gerard
Ecouter sur DEEZER
Interprété par Monique Morelli
Musique de Philippe-Gerard



Pierre Mac Orlan (1882-1970)


Le pont du nord

Je n'ai pas pu payer ma tôle
Je dois deux semaines et ma clef
N'ouvrira plus la rue des Saules
Ainsi l'a voulu le tôlier
La neige tombe ses grandes bâcheries
Dans l' ciel, sur la terre et sur moi
Le froid mord dans mes joues maigries
Et me ronge le bout des doigts

Ma mère m'a dit il y a longtemps
"C'est sur le pont du nord qu'Adèle
Ta sœur aînée a foutu l' camp
Pour danser la java rebelle
Loin des conseils de ses parents
C'est là qu'elle perdit sa ceinture
L'habit et l'air de la chanson
Les rabouines, la bonne aventure
Tout ça, c'est de l'accordéon !"

Quand ma mère eut fermé la bouche
Mon premier soin, rue Durantin
Fut d'aborder une manouche
On peut dire qu'elle tombait bien !
Sa jupe à volants était mûre
Elle a regardé dans ma main
Et m'a dit la bonne aventure
Devant la porte d'un marchand d'vin

Tu seras mariée pour toujours
Avant que la Lune se couche
Dans la lumière du petit jour
Tout d' suite après ta première touche
Car c'est ainsi que naît l'amour
Tu me paieras à la prochaine
Es-tu rassurée sur ton sort ?
Il est au bout du pont des peines
Autrement dit : le pont du nord

"Monsieur, demandais-je à tout l'monde
Où se trouve le pont du nord ?"
Les uns disaient "Au bout du monde"
Et d'autres "Au bout du corridor"
Dans les neiges indifférentes
J'ai aperçu le pont brumeux
Il n'avait pas de main-courante
Et frôlait le fleuve et les cieux

Le vent, tel un homme en folie
Bouscula les points cardinaux
Et la neige fondit en pluie
Pour mieux nous refroidir les os
Et la chair promise au tombeau
La fille aperçut-elle un signe
Qui lui fit entrevoir les corps
Des mal-mariés à la dérive ?
Ce n'est plus de notre ressort



Ecouter sur DEEZER
Interprété par Germaine Montero
Musique de Philippe-Gerard

Du même auteur :
Jean de la Providence de Dieu
La Belle de Mai
La chanson de Margaret
La fille de Londres
La fille des bois
Le pont du nord
Marie-Dominique
Tendres promesses

Mac Orlan - Tendres promesses


Ecouter sur DEEZER
Interprété par Francesca Solleville
Musique de Philippe-Gerard



Pierre Mac Orlan (1882-1970)


Tendres promesses

Moi, j´étais sa Bretonne
Lui, c´était mon marin
Et chez la Mère Yvonne
On s´ voyait en copains
On mangeait des crêpes de blé noir
Un coup d´ cidre doux au pressoir
Le jour à Recouvrance

Au poste de police
Sur l´Émile Bertin
Le clairon de service
Sonnait son gai refrain
C´était l´heure d´aller danser
La gavotte de Guéméné
Le soir à Recouvrance

Devant ma coiffe blanche
Au début de l´été
Plougastel le dimanche
Nous offrait ses fraisiers
Au Pardon on s´était promis
Avant d´échanger nos soucis
Un jour à Recouvrance

Nos tendres promesses
Éclairaient l´avenir
Et cette mulâtresse
N´était pas un souvenir
En premier maître, je te voyais
Et tes galons d´or rayonnaient
La nuit à Recouvrance

Que crève la gueule ouverte
Qui te fit embarquer
Pour consommer ma perte
Sur ce rafiot damné
Ah! J´ voudrais tenir cette souris
Ta Dulcinée de Tahiti
Pour lui r´filer une danse
Un soir à Recouvrance

Cette histoire est commune
Vous l´avez deviné
Et dans mon infortune
Je suis seule à pleurer
Dans l´amour tout n´est que tourment
De La Rochelle à Lorient
De Brest à Recouvrance
Et de Paris en France



Du même auteur :
Jean de la Providence de Dieu
La Belle de Mai
La chanson de Margaret
La fille de Londres
La fille des bois
Le pont du nord
Marie-Dominique
Tendres promesses

Aragon - Un homme passe sous la fenêtre et chante



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Francesca Solleville
Composition : Philippe-Gerard



Louis Aragon (1897-1982)


Un homme passe sous la fenêtre et chante

Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Comme la vitre pour le givre
Et les vêpres pour les aveux
Comme la grive pour être ivre
Le printemps pour être amoureux
Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux

Toi qui avais des bras des rêves
Le sang rapide et soleilleux
Au joli mois des primevères
Où pleurer même est merveilleux
Tu courais des chansons aux lèvres
Aimé du Diable et du Bon Dieu
Toi qui avais des bras des rêves
Le sang rapide et soleilleux

Ma folle ma belle et ma douce
Qui avais la beauté du feu
La douceur de l’eau dans ta bouche
De l’or pour rien dans tes cheveux
Qu’as-tu fait de ta bouche rouge
Des baisers pour le jour qu’il pleut
Ma folle ma belle et ma douce
Qui avais la beauté du feu

Le temps qui passe passe passe
Avec sa corde fait des nœuds
Autour de ceux-là qui s’embrassent
Sans le voir tourner autour d’eux
Il marque leur front d’un sarcasme
Il éteint leurs yeux lumineux
Le temps qui passe passe passe
Avec sa corde fait des nœuds

On n’a tiré de sa jeunesse
Que ce qu’on peut et c’est bien peu
Si c’est ma faute eh bien qu’on laisse
Ma mise à celui qui dit mieux
Mais pourquoi faut-il qu’on s’y blesse
Qui a donc tué l’oiseau bleu
On n’a tiré de sa jeunesse
Que ce qu’on peut et c’est bien peu

Tout mal faut-il qu’on en accuse
L’âge qui vient le cœur plus vieux
Et ce n’est pas l’amour qui s’use
Quand le plaisir a dit adieu
Le soleil jamais ne refuse
La prière que font les yeux
Tout mal faut-il qu’on en accuse
L’âge qui vient le cœur plus vieux

Et si ce n’est pas nous la faute
Montrez-moi les meneurs du jeu
Ce que le ciel donne qui l’ôte
Qui reprend ce qui vient des cieux
Messieurs c’est ma faute ou la vôtre
A qui c’est-il avantageux
Et si ce n’est pas nous la faute
Montrez-moi les meneurs du jeu

Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Le monde l’est lui pour y vivre
Et tout le reste est de l’hébreu
Vos lois vos règles et vos bibles
Et la charrue avant les bœufs
Nous étions faits pour être libres
Nous sommes faits pour être heureux