Compositeur : Patrick Janvier - Interprètes : Patrick Janvier, Diara Keita,
Frédérique Camaret, Colombe Frézin - Enregistrement Serge bouzouki
| Ecouter sur DEEZER composé et interprété par Patrick Janvier |
Saint-John Perse - (1887-1975)
De Charles d'Orléans à Serge Gainsbourg
Tous les textes sont accompagnés d'un enregistrement musical
| Ecouter sur DEEZER composé et interprété par Patrick Janvier |
Saint-John Perse - (1887-1975)

| Ecouter la version chantée Interprétation : Patrick Janvier Composition : Patrick Janvier - Diffusé par DEEZER - |
Saint-John Perse - (1887-1975)
Arthur Rimbaud - (1854-1891)
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
7 octobre 1870
Autres textes chantés de cet auteur
Biographie d'Arthur Rimbaud
Biographie de Gustave Courbet
Explication de texte
| Ecouter sur DEEZER Composé et interprété par Leo Ferré |
| Ecouter sur DEEZER Composé et interprété par Jean-Marc Versini |
Arthur Rimbaud - (1854 – 1891)
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
— Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse ;
— Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !
| Ecouter sur DEEZER Composé et interprété par Robert Charlebois |
| Ecouter sur DEEZER Interprété par Patrick Janvier Composé par Hélène Triomphe |

| Ecouter la version chantée Interprétation : Patrick Janvier Composition : Alain Laugenie - Diffusé par DEEZER - |
| Ecouter la version chantée Interprétation : Léo Ferré Composition : Léo Ferré - Diffusé par DEEZER - |
| Ecouter la version chantée Interprétation : Jean-Marc Versini Composition : Jean-Marc Versini - Diffusé par DEEZER - |
| Ecouter la version chantée Interprétation : Richard Ankri Composition : Richard Ankri - Diffusé par DEEZER - |
Arthur Rimbaud (1854-1891)
L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…
Et tu me diras : "Cherche!" en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup…
| Ecouter sur DEEZER Interprété par Patrick Janvier sur une musique de Serge Renard |
Charles Baudelaire (1821-1867)
D’où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange,
Montant comme la mer sur le roc noir et nu ?
- Quand notre coeur a fait une fois sa vendange,
Vivre est un mal. C’est un secret de tous connu,
Une douleur très simple et non mystérieuse,
Et, comme votre joie, éclatante pour tous.
Cessez donc de chercher, ô belle curieuse !
Et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous !
Taisez-vous, ignorante ! âme toujours ravie !
Bouche au rire enfantin ! Plus encor que la Vie,
La Mort nous tient souvent par des liens subtils.
Laissez, laissez mon coeur s’enivrer d’un mensonge,
Plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe,
Et sommeiller longtemps à l’ombre de vos cils !