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Luc Bérimont - Stances



Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par James Ollivier




Luc Bérimont - (1915-1983)


Stances

L’absence où chaque nuit désapprend ton visage
M’est un profond enfer
J’y sombre en t’inventant dans une morne nage
Et me retrouve aux fers.
Allume, mon jardin, tes pommiers et tes lampes
Pendant qu’il en est temps
Déjà la saison cogne et martèle à mes tempes
Son bruit assourdissant.
Tu es dans ma lumière une crête d’eau vive
Je ne suis que le pas
Du passant disparu. Ta dune sera vide
Quand tu m’effaceras.
Tous les cris ont franchi le gué près de ma langue
Je me rends sans combat
Au cheval de la mer si j’imposais des sangles
Il me jetterait bas.
Ainsi le noir taureau de l’amour et des astres
Me foule, me construit
Je chevauche sur toi la guerre et les cadastres
Le feu roulant des fruits.
Je ne veux plus savoir quels ennemis m’étranglent
Si je suis sage ou fou
Quels incendies, quels jeux, quels gouffres me haranguent
Au creux de tes genoux.
Intolérable amour, ma troublante morsure,
Ta victoire est ici
Un homme qui se plait sous le fer des tortures
Et qui se plaint ainsi.
L’absence où chaque nuit désapprend ton visage
M’est un profond enfer
J’y sombre en t’inventant dans une morne nage
Et me retrouve aux fers.



Du même auteur :
Chanson de l'été
Chanson pour la nommer
Haute plainte en plaine l'hiver
Je parle de la mer
Je t'attends aux grilles des routes
La nuit
Le voyageur
Noël (Madame à minuit)
Rémouleur
Soleil
Stances

Maurice Carème - Du bleu


                                Composé et interprété par James Ollivier





Maurice Carême - (1899-1978)

Brabant


Du bleu

Du bleu ? J’en ai plein mon enfance
Où fleurissaient des champs immenses
De lin.
Du bleu ? J’en ai dans ma rivière
Où je trempais, dans la lumière
Mes mains.

J’ai aussi du bleu de bleuets
Mûri au creux chaud des juillets
De lune,
Du bleu de fable et de faisan
Que l’on peut aller cueillir sans
Fortune.

Du bleu de ciel et d’ancolie,
J’en ai l’âme toute remplie
Aussi,
Et, débordant de tous mes coffres,
Du bleu de Chat Botté que j’offre
Ici.

Mais mon bleu le plus délectable,
Autour du pain bis sur la table,
Luisait
Lorsque, pour nos humbles agapes,
Ma mère déployait la nappe
De mai.



Du même auteur :
Du bleu
Il pleut doucement, ma mère
L'eau passe
La reine de coeur
La tour Eiffel
Le carafon
Le givre
Les anges musiciens

Verlaine - Dansons la gigue!


 La version Jazz de Patricia Barber - Interprétation du poème après 1 min 52


sur DEEZER
Interprétation :
James Ollivier
Composition :
James Ollivier

sur DEEZER
Interprétation :
Jean-Marc versini
Composition :
Jean-Marc versini

sur DEEZER
Interprétation :
Jean-Sébastien Bou
Composition :
Charles Bordes



Paul Verlaine - (1844-1896)


Dansons la gigue!

Titre original : Streets

Dansons la gigue!

J'aimais surtout ses jolis yeux
Plus clairs que l'étoile des cieux,
J'aimais ses yeux malicieux.

Dansons la gigue!

Elle avait des façons vraiment
De désoler un pauvre amant,
Que c'en était vraiment charmant!

Dansons la gigue!

Mais je trouve encore meilleur
Le baiser de sa bouche en fleur
Depuis qu'elle est morte à mon coeur.

Dansons la gigue!

Je me souviens, je me souviens
Des heures et des entretiens,
Et c'est le meilleur de mes biens.

Dansons la gigue!



Ecouter la version chantée
Interprétation : Stella Doufexis
Composition : Charles Martin Loeffler
- Diffusé par DEEZER -

Cadou - Automne


Ecouter la version chantée
Interprétation : Michèle Bernard
Composition : Michèle Bernard
- Diffusé par DEEZER -



René Guy Cadou - (1920-1951)


Automne

Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.

O temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.





        La version de James Ollivier


Du même auteur :
Anthologie
Automne
Chambre d'hiver
Etrange douceur
Hélène
Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires
L'alphabet de la mort
L'aventure marine
La fleur rouge
Le temps des villas vides
Les chevaux de l'amour
Les femmes d'Ouessant
Les maisons du destin
Lettre à des amis perdus
Louisfert
Testament

Norge - Petite pomme


Ecouter la version chantée
Interprétation : James Ollivier
Composition : James Ollivier
- Diffusé par DEEZER -



Norge - (1898-1990)


Petite pomme

La petite pomme s'ennuie
De n'être pas encore cueillie.
Les grosses pommes sont parties,
Petite pomme est sans amie.

Comme il fait froid dans cet automne !
Les jours sont courts ! Il va pleuvoir.
Comme on a peur au verger noir
Quand on est seule et qu'on est pomme.

Je n'en puis plus viens me cueillir,
Tu viens me cueillir Isabelle ?
Comme c'est triste de vieillir
Quand on est pomme et qu'on est belle.

Prends-moi doucement dans ta main,
Mais fais-moi vivre une journée,
Bien au chaud sur ta cheminée
Et tu me mangeras demain.



Du même auteur :
Chanson à tuer
Chevaux toujours
Jehan l'advenu
Petite pomme

Maurice Carême - Le givre



Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Michèle Bernard
Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par James Ollivier




Maurice Carême - (1899-1978)


Le givre

Mon Dieu! Comme ils sont beaux
Les tremblants animaux
Que le givre a fait naître
La nuit sur ma fenêtre!

Ils broutent des fougères
Dans un bois plein d’étoiles,
Et l’on voit la lumière
A travers leurs corps pâles.

Il y a un chevreuil
Qui me connaît déjà.
Il soulève pour moi
Son front d’entre les feuilles

Et quand il me regarde,
Ses grands yeux sont si doux
Que je sens mon cœur battre
Et trembler mes genoux.

Laissez-moi, ô décembre!
Ce chevreuil merveilleux.
Je resterai sans feu
Dans ma petite chambre.



Du même auteur :
Du bleu
Il pleut doucement, ma mère
L'eau passe
La reine de coeur
La tour Eiffel
Le carafon
Le givre
Les anges musiciens

Norge - Jehan l'advenu


 Peu de compositeurs, comme Jacques Yvart, ont été interprétés par Georges Brassens

Ecouter la version chantée
Interprétation : Georges Brassens
Composition : Jacques Yvart
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : Jacques Yvart
Composition : Jacques Yvart
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : James Ollivier
Composition : Jacques Yvart
- Diffusé par DEEZER -




Norge - (1898-1990)


Jehan l'advenu

Puis il revint comme il était parti :
Bon pied, bon œil, personne d'averti.
Aux dents, toujours la vive marguerite,
Aux yeux, toujours la flamme qui crépite.

Mit sur ta lèvre, Aline, un long baiser,
Mit sur la table un peu d'or étranger,
Chanta, chanta deux chansons de marine,
S'alla dormir dans la chambre enfantine.

Rêva tout haut d'écume et de cavale,
S'entortilla dans d'étranges rafales.
Puis au réveil, quand l'aube se devine,
Chanta, chanta deux chansons de marine.

Fit au pays son adieu saugrenu
Et s'en alla comme il était venu.
Fit au pays son adieu saugrenu
Et s'en alla comme il était venu.



Du même auteur :
Chanson à tuer
Chevaux toujours
Jehan l'advenu
Petite pomme

Aragon - Meinert Hobbema


        Meindert Hobbema (orthographe exacte) - Un moulin à eau

Ecouter la version chantée
Interprétation : James Ollivier
Composition : James Ollivier
- Diffusé par DEEZER -



Louis Aragon - (1897-1982)

Le voyage en Hollande


Meinert Hobbema

Les arbres le vent
L'ombre et la charrette
Un moment avant
Que le coeur s'arrête

Le moulin la roue
Les roses trémières
La brume se troue
D'un brin de lumière

On voit le chemin
Pourtant sans le prendre
Aujourd'hui demain
Que sert-il d'attendre

L'étang les fossés
Rien n'est que paresse
Pourquoi se presser
Puisque rien ne presse

Une fine pluie
De vagues tourelles
Dont vaguement luit
Le toit tourterelle

Le ciel deviné
Dans le paysage
L'air abandonné
Des choses d'usage

Qui donc s'y soucie
De ce qui se brise
L'oiseau même ici
Passe par méprise

Les mois et les ans
Au chêne à l'érable
Tout n'est qu'un présent
Incommensurable

Ai-je autre raison
Que celle des plantes
Ô lentes saisons
Merci d'être lentes

Mais ce sentiment
En nous d'inutile
Comment ah comment
Pourquoi nous vient-il

Peut-être la nuit
Peut-être le jour
Si vite nous fuient
Pour aimer d'amour


Aragon - Le figuier


                Louis Aragon - Hommage - Edition : EPM 2013

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par James Ollivier



Louis Aragon (1897-1982)


Le figuier

La maison n’était qu’un nœud de ténèbres
Reviens veux-tu bien nos pas recroiser
A-t-elle toujours ses volets funèbres
L’escalier de pierre aux marches brisées

Dis tu t’en souviens de l’enclos de murs
Où les lys avaient follement fleuri
La ronce y poussait dont saignaient les mûres
Nous rêvions alors y chercher abri

J’y revois toujours ta robe légère
Repassons le seuil en vain condamné
Retrouver ici l’odeur passagère
Qui remonte à nous du fond des années

Je trace ton nom sur le figuier mâle
Qui a ce parfum des corps entr’aimés
Ton nom va grandir dans l’écorce pâle
Avec l’arbre et l’ombre au jardin fermé

Peu à peu perdant la forme des lettres
Qu’il s’écarte donc comme font les plaies
Illisible alors au passant peut-être
Ce cri de soleil dont je t’appelais

Les mots que l’on dit sur les lèvres meurent
Le sens qu’ils portaient s’éteint lentement
Il faut apprécier que rien n’en demeure
Les baisers sont seuls partis les amants

Je ne t’ai donné qu’un chant périssable
Comme était ce cœur pourtant qui battit
Ah mon triste amour mon château de sable
Les baisers sont seuls les amants partis


Baudelaire - Parfum exotique


    Paul Gauguin - 1893 – Tehamana a de nombreux parents


Ecouter
sur DEEZER
Interprétation :
James Ollivier
Composition :
James Ollivier

sur DEEZER
Interprétation :
Georges Chelon
Composition :
Georges Chelon

sur DEEZER
Interprétation :
Richard Ankri
Composition :
Richard Ankri



Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal


Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.


Verlaine - Colombine

Antoine Watteau - Comédiens français

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Georges Brassens



Paul Verlaine - Fêtes galantes


Colombine

Léandre le sot,
Pierrot qui d’un saut
De puce
Franchit le buisson,
Cassandre sous son
Capuce,

Arlequin aussi,
Cet aigrefin si
Fantasque
Aux costumes fous,
Les yeux luisants sous
Le masque,

Do, mi, sol, mi, fa,
Tout ce monde va,
Rit, chante
Et danse devant
Une frêle enfant
Méchante

Dont les yeux pervers
Comme les yeux verts
Des chattes
Gardent ses appas
Et disent : "A bas
Les pattes !"

Eux ils vont toujours !
Fatidique cours
Des astres,
Oh ! dis-moi vers quels
Mornes ou cruels
Désastres

L’implacable enfant,
Preste et relevant
Ses jupes,
La rose au chapeau,
Conduit son troupeau
De dupes



Ecouter sur DEEZER
Interprète : James Ollivier
Compositeur : Georges Brassens

Ronsard - Chanson du printemps retourné

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par James Ollivier



Auteur inconnu d'après Pierre de Ronsard (1524-1585)


Chanson du printemps retourné

Il s'agit d'un "retournement" du poème de Ronsard
Quand ce beau printemps je vois


Quand ce dur printemps je voy je cognois
Toute malheurté au monde
Je ne voy que toute erreur et horreur
Courir ainsi que fait l'onde

Plus il n'y a d'amitié ny pitié
Plus n'y a de cortoisye
Il n'y a plus de support ny confort
Tout n'est plus que fascherie

Nous voyons notre prochain qui a faim
Endurer quasi la rage
Sans lui donner verre d'eau ny morceau
C'est bien un lasche courage

Nous voyons les grands amys ennemys
Prest à se tuer l'ung l'autre
Nous voyons le père cher deschasser
Son enfant pour prendre un autre

Nous voyons l'enfant divers et pervers
Battre son père et sa mère
Nous voyons un estranger nous manger
C'est un cruel vitupère

Nous voyons tant de voleurs pleins d'horreur
Qui pillent tuent et saccagent
Ne craignant ni Dieu ny Roy d'un esmoy
Vomissent dix mille rages

Nous voyons les amoureux rigoureux
Laissant leurs gentes maitresses
Au lieu d'être gracieux et joyeux
Portent dix mille tristesses

Nous voyons les pauvres biens terriens
Diminuer d'heure en heure
Et les gentisl arbrisseaux vers et beaux
Qui par le pied soudain meurent

Nous avons eu tant de maux et travaux
Guerre famine et peste
Cruauté horreur effroy et esmoy
Qui nous rompt quasi la teste

Qui est cause de ce mal dur fatal ?
Nos péchés ords et terribles
Nous sommes comme bruteaux
Animaux
A bien faire inutiles

Nous ne tenons plus de foy ni de loy
Tant nous sommes gens ignares
Nous sommes esblouis des cieux gratieux
A tous nos peschez barbares

Et changeons notre vouloir d'un espoir
Et aussy nostre coustume
Recognoissant nostre Dieu en tout lieu
Nous ostera l'amertume

J'ai voulu par passe temps ce printemps
Vous montrer estre fragile
Afin de vous corriger et changer
Sans estre plus inutile


Bérimont - Chanson de l'été

    Xylographie de Roger Toulouse représentant Luc Bérimont

Ecouter sur DEEZER
Interprété par James Ollivier
Sur une musique de Michel Aubert




Luc Bérimont - (1915-1983)


Chanson de l'été

Mon Père tenait dans sa main
Toutes les forêts familières
Mon Père tenait dans sa main
Toutes les boucles des chemins
Et les cheveux de la rivière
Pour faire un cheval à crinière,
Un cheval d'écume et de blé
Aux jeunes filles de l'été

Loin derrière et plus loin devant
La terre a la couleur du vent
Dans les jardins plantés en pente
Les oiseaux sont des fleurs volantes


Mon Père tenait dans sa main
Toutes les lampes des chaumières
Mon Père tenait dans sa main
L'ombre soyeuse des sapins
Et la fraîcheur bleue des clairières
Où tresser la mousse et le lierre
Afin d'en faire des colliers
aux jeunes filles de l'été

Mon Père tenait dans sa main
Toutes les sources de la terre
Mon Père tenait dans sa main
L'étoile froide des matins
Et des maisons ventres de pierre
Un chant s'élevait sur la terre
Montée des eaux montée des blés
Jusqu'au coeur brûlant de l'été



Du même auteur :
Chanson de l'été
Chanson pour la nommer
Haute plainte en plaine l'hiver
Je parle de la mer
Je t'attends aux grilles des routes
La nuit
Le voyageur
Noël (Madame à minuit)
Rémouleur
Soleil
Stances

Bérimont - Rémouleur

                                Le Layon

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par James Ollivier




Luc Bérimont - (1915-1983)


Rémouleur

Septembre avait l’ardeur d’un chien roux dans les vignes
Une flamme tremblait au bord de la maison
Maintenant c’est le vent qui dévale les combes
Les arbres calcinés qui rongent les gazons.

La pluie pieds nus, la pluie rôdeuse d’avant l’aube
Marche sur les hangars et les troupeaux transis,
La fenêtre capture un vol d’oiseaux sauvages
Qui rament des forêts de bronze dans l’air gris.

Il ne restera rien que le pain, que la neige
Que le Layon gelé dans le bas du coteau ;
Le ciel des quatre vents vire comme un manège
Et l’hiver, sur les grès, aiguise ses couteaux.



Du même auteur :
Chanson de l'été
Chanson pour la nommer
Haute plainte en plaine l'hiver
Je parle de la mer
Je t'attends aux grilles des routes
La nuit
Le voyageur
Noël (Madame à minuit)
Rémouleur
Soleil
Stances

Ronsard - Quand vous serez bien vieille

     Georges de la Tour - La Madeleine à la Veilleuse

Ecouter la version chantée
Composée et interpétée
par Kirjuhel
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter sur DEEZER
Interprété par
James Ollivier




Pierre de Ronsard - (1524-1585)

Sonnets pour Hélène


Cueillez dès aujourd'hui
les roses de la vie

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, et vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui, au bruit de Ronsard, ne s'aille réveillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

Je seray sous la terre, et, fantosme sans os,
Par les ombres myrteux je prendray mon repos;
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain ;
Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.


Pierre Corneille et Tristan Bernard - Marquise


    Marquise-Therèse de Gorla dite Mademoiselle Du Parc

Ecouter la version chantée
Interprétation : Georges Brassens
Composition : Georges Brassens
- Diffusé par DEEZER -

Ecouter la version chantée
Interprétation : James Ollivier
Composition : Georges Brassens
- Diffusé par DEEZER -



Pierre Corneille (1606-1684)


Stances à Marquise

Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu’à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront,
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits
On m’a vu ce que vous êtes;
Vous serez ce que je suis.
...




Tristan Bernard (1866-1947)


Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant !



Biographie de Pierre Corneille
Biographie de Mademoiselle Du Parc
Texte intégral de Corneille
Biographie de Tristan Bernard
Explication de texte
Quelle belle dissertation pourrait rédiger un élève
qui connaîtrait Ronsard, Corneille, Tristan Bernard et Brassens!


Du même auteur :
Horace - Rome, l’unique objet...
Le Cid - Ô rage! Ô désespoir!
Psyché
Stances à Marquise