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Louise Labé -Tout aussitôt que je commence à prendre


Ecouter la version chantée
Interprétation : Roswitha Müller
Composition : Rudolf Escher
- Diffusé par DEEZER -




Louise Labé - (1524-1566)


Tout aussitôt que je commence à prendre

Tout aussitôt que je commence à prendre
Dans le mol lit le repos désiré,
Mon triste esprit, hors de moi retiré,
S'en va vers toi incontinent se rendre.

Lors m'est avis que dedans mon sein tendre
Je tiens le bien où j'ai tant aspiré,
Et pour lequel j'ai si haut soupiré
Que de sanglots ai souvent cuidé fendre.

Ô doux sommeil, ô nuit à moi heureuse !
Plaisant repos, plein de tranquillité,
Continuez toutes les nuits mon songe ;

Et si jamais ma pauvre âme amoureuse
Ne doit avoir de bien en vérité,
Faites au moins qu'elle en ait en mensonge.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise Labé - Las que me sert...


               ;Interprétation : Alexandrina Chelu - Composition : Florian Chelu





Louise Labé - (1524-1566)


Las ! que me sert...

Las ! que me sert que si parfaitement
Louas jadis et ma tresse dorée,
Et de mes yeux la beauté comparée
A deux Soleils, dont Amour finement

Tira les traits causes de ton tourment ?
Où êtes-vous, pleurs de peu de durée ?
Et mort par qui devait être honorée
Ta ferme amour et itéré serment ?

Doncques c'était le but de ta malice
De m'asservir sous ombre de service ?
Pardonne-moi, Ami, à cette fois,

Etant outrée et de dépit et d'ire ;
Mais je m'assure, quelque part que tu sois,
Qu'autant que moi tu souffres de martyre.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise Labé - Tant que mes yeux



Ecouter la version chantée
Interprétation : Roswitha Müller
Composition : Rudolf Escher
- Diffusé par DEEZER -




Louise Labé - (1524-1566)


Tant que mes yeux pourront larmes épandre

Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l'heur passé avec toi regretter,
Et qu'aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre ;

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard luth, pour tes grâces chanter ;
Tant que l'esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre,

Je ne souhaite encore point mourir.
Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d'amante,
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise Labé - Ô beaux yeux bruns


                        Louise Labé
Ecouter la version chantée
Interprétation : Kirjuhel
Composition : Kirjuhel
- Diffusé par DEEZER -



Louise Labé - (1524-1566)


Ô beaux yeux bruns

Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés,
Ô chauds soupirs, ô larmes épandues,
Ô noires nuits vainement attendues,
Ô jours luisants vainement retournés !

Ô tristes plaintes, ô désirs obstinés,
Ô temps perdu, ô peines dépendues,
Ô mille morts en mille rets tendues,
Ô pires maux contre moi destinés !

Ô ris, ô front, cheveux bras mains et doigts !
Ô luth plaintif, viole, archet et voix !
Tant de flambeaux pour ardre une femelle !

De toi me plains, que tant de feux portant,
En tant d'endroits d'iceux mon cœur tâtant,
N'en ait sur toi volé quelque étincelle.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise Labé - Baise m'encor


   Interprètes : Alexandrina Chelu et l'ensemble Rock Filarmonica

La version de Colette Magny
- Diffusée par DEEZER -




Louise Labé - (1524-1566)


Baise m'encor

Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise Labé - On voit mourir toute chose animée


   Interprètes : Alexandrina Chelu et l'ensemble Rock Filarmonica




Louise Labé (1524-1566)


On voit mourir toute chose animée

On voit mourir toute chose animée,
Lors que du corps l'âme subtile part.
Je suis le corps, toi la meilleure part :
Où es-tu donc, ô âme bien-aimée ?

Ne me laissez par si long temps pâmée,
Pour me sauver après viendrais trop tard.
Las ! ne mets point ton corps en ce hasard :
Rends-lui sa part et moitié estimée.

Mais fais, Ami, que ne soit dangereuse
Cette rencontre et revue amoureuse,
L'accompagnant, non de sévérité,

Non de rigueur, mais de grâce amiable,
Qui doucement me rende ta beauté,
Jadis cruelle, à présent favorable.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise Labé - Quelle grandeur ?


   Interprètes : Alexandrina Chelu et l'ensemble Rock Filarmonica




Louise Labé (1524-1566)


Quelle grandeur rend l'homme vénérable ?

Quelle grandeur rend l'homme vénérable ?
Quelle grosseur ? quel poil ? quelle couleur ?
Qui est des yeux le plus emmielleur ?
Qui fait plustôt une plaie incurable ?

Quel chant est plus à l'homme convenable ?
Qui plus pénètre en chantant sa douleur ?
Qui un doux luth fait encore meilleur ?
Quel naturel est le plus amiable ?

Je ne voudrais le dire assurément,
Ayant Amour forcé mon jugement ;
Mais je sais bien, et de tant je m'assure,

Que tout le beau que l'on pourrait choisir,
Et que tout l'art qui aide la Nature,
Ne me sauraient accroître mon désir.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise Labé - Luth, compagnon de ma calamité


   Interprètes : Alexandrina Chelu et l'ensemble Rock Filarmonica




Louise Labé (1524-1566)


Sonnet XII

Luth, compagnon de ma calamité,
De mes soupirs témoin irréprochable,
De mes ennuis contrôleur véritable,
Tu as souvent avec moi lamenté ;

Et tant le pleur piteux t'a molesté
Que, commençant quelque son délectable,
Tu le rendais tout soudain lamentable,
Feignant le ton que plein avais chanté.

Et si tu veux efforcer au contraire,
Tu te détends et si me contrains taire :
Mais me voyant tendrement soupirer,

Donnant faveur à ma tant triste plainte,
En mes ennuis me plaire suis contrainte
Et d'un doux mal douce fin espérer.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise labé - O longs désirs


   Interprètes : Alexandrina Chelu et l'ensemble Rock Filarmonica




Louise Labé (1524-1566)


Sonnet III

Ô longs désirs, ô espérances vaines,
Tristes soupirs et larmes coutumières
A engendrer de moi maintes rivières,
Dont mes deux yeux sont sources et fontaines !

Ô cruautés, ô durtés inhumaines,
Piteux regards des célestes lumières,
Du coeur transi ô passions premières,
Estimez-vous croître encore mes peines ?

Qu'encor Amour sur moi son arc essaie,
Que nouveaux feux me jette et nouveaux dards,
Qu'il se dépite, et pis qu'il pourra fasse :

Car je suis tant navrée en toutes parts
Que plus en moi une nouvelle plaie,
Pour m'empirer, ne pourrait trouver place.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre

Louise Labé - Sonnet VIII


Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété par
Hélène Martin




Louise Labé (1524-1566)


Je vis, je meurs

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.



Du même auteur :
Baise m'encor
Je vis, je meurs
Las ! que me sert...
Luth, compagnon de ma calamité
Ô Beaux yeux bruns
Ô longs désirs
On voit mourir toute chose animée
Quelle grandeur ?
Tant que mes yeux
Tout aussitôt que je commence à prendre