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vendredi 5 mai 2017

Béranger - Le cinq mai

        La mort de Napoléon Ier le 5 mai 1821 par Charles Auguste DE STEUBEN

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Jean-Louis Murat



Pierre Jean de Béranger (1780-1857)


Le cinq mai

Des Espagnols m'ont pris sur leur navire,
Aux bords lointains où tristement j'errais.
Humble débris d'un héroïque empire,
J'avais dans l'Inde exiler mes regrets.
Mais loin du Cap, après cinq ans d'absence,
Sous le soleil, je vogue plus joyeux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux,

Dieux ! le pilote a crié Sainte-Hélène !
Et voilà donc où languit le héros!
Bons Espagnols, là s'éteint votre haine;
Nous maudissons ses fers et ses bourreaux
Je ne puis rien, rien pour sa délivrance
Le temps n'est plus des trépas glorieux!
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux.

Peut-être il dort, ce boulet invincible
Qui fracassa vingt trônes à la fois.
Ne peut-il pas, se relevant terrible,
Aller mourir sur la tête des rois ?
Ah ! ce rocher repousse l'espérance
L'aigle n'est plus dans le secret des dieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux.

Il fatiguait la Victoire à le suivre;
Elle était lasse; il ne l'attendit pas;
Trahi deux fois, ce grand homme a su vivre;
Mais quels serpents environnent ses pas!
De tout laurier un poison est l'essence;
La mort couronne un front victorieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France;
La main d'un fils me fermera les yeux.

Dés qu'on signale une nef vagabonde,
"Serait-ce lui ? disent les potentats :
"Vient-il encor redemander le monde ?
"Armons soudain deux millions de soldats."
Et lui, peut-être accablé de souffrance,
A la patrie adresse ses adieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux.

Grand de génie et grand de caractère,
Pourquoi du sceptre arma-t-il son orgueil ?
Bien au-dessus des trônes de la terre
Il apparaît brillant sur cet écueil.
Sa gloire est là comme le phare immense
D'un nouveau monde et d'un monde trop vieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux.

Bons Espagnols, que voit-on au rivage ?
Un drapeau noir ! ah, grands dieux, je frémis
Quoi ! lui, mourir ! ô gloire ! quel veuvage !
Autour de moi pleurent ses ennemis.
Loin de ce roc nous fuyons en silence
L'astre du jour abandonne les cieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux.



Du même auteur :
La mort du diable
La petite fée
Laideur et beauté
Le cinq mai
Le grillon
Le vieux vagabond
Les adieux de Marie Stuart
Ma République
Mon habit
Waterloo