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lundi 16 mars 2015

Sully Prudhomme - Les Yeux



Version classique
Interprétation : Geneviève Moizan
Composition : Louis Aubert
- Diffusé par DEEZER -



René-François Sully Prudhomme - (1839-1907)


Les Yeux

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;

Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.



Du même auteur :
Au bord de l’eau
Déclin d'amour
Douceur d"avril
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Les Berceaux
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Ton sourire infini m'est cher