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samedi 9 août 2014

Hugo - Sur un dessin d'Albert Durer


        Albert Dürer - Melencolia - 1514

Ecouter la version chantée
Interprétation : Jean-Louis Caillat
Composition : Jean-Louis Caillat
- Diffusé par DEEZER -



Victor Hugo - Toute la Lyre


Minuit - D'après Albert Dürer

Le frêle esquif sur la mer sombre
Sombre ;
La foudre perce d'un éclair
L'air.

C'est minuit. L'eau gémit, le tremble
Tremble,
Et tout bruit dans le manoir
Noir ;

Sur la tour inhospitalière
Lierre,
Dans les fossés du haut donjon,
Jonc ;

Dans les cours, dans les colossales
Salles,
Et dans les cloîtres du couvent,
Vent.

La cloche, de son aile atteinte,
Tinte,
Et son bruit tremble en s'envolant
Lent.

Le son qui dans l'air se disperse
Perce
La tombe où le mort inconnu,
Nu,

Épelant quelque obscur problème
Blême,
Tandis qu'au loin le vent mugit,
Gît.

Tous se répandent dans les ombres,
Sombres,
Rois, reines, clercs, soudards, nonnains,
Nains.

La voix qu'ils élèvent ensemble,
Semble
Le dernier soupir qu'un mourant
Rend.

Les ombres vont au clair de lune,
L'une
En mitre et l'autre en chaperon
Rond.

Celle-ci qui roule un rosaire
Serre
Dans ses bras un enfant tremblant,
Blanc.

Celle-là, voilée et touchante,
Chante
Au bord d'un gouffre où le serpent
Pend.

D'autres, qui dans l'air se promènent,
Mènent
Par monts et vaux, des palefrois
Froids.

L'enfant mort à la pâle joue,
Joue ;
Le gnome grimace, et l'esprit
Rit.

On dirait que le beffroi pleure ;
L'heure
Semble dire en traînant son glas
Las :

- Enfant ! retourne dans ta tombe !
Tombe
Sous le pavé des corridors,
Dors !

L'enfer souillerait ta faiblesse.
Laisse
Ses banquets à tes envieux,
Vieux.

C'est aller au sabbat trop jeune !
Jeûne.
Garde-toi de leurs jeux hideux,
D'eux !

Vois-tu dans la sainte phalange
L'ange
Qui vient t'ouvrir le paradis,
Dis ? -

Ains la mort nous chasse et nous foule,
Foule
De héros petits et d'étroits
Rois.

Attilas, Césars, Cléopâtres,
Pâtres,
Vieillards narquois et jouvenceaux
Sots,

Bons évêques à charge d'âmes,
Dames,
Saints docteurs, lansquenets fougueux,
Gueux,

Nous serons un jour, barons, prêtres,
Reîtres,
Avec nos voeux et nos remords
Morts.

Pour moi, quand l'ange qui réclame
L'âme
Se viendra sur ma couche, un soir,
Seoir ;

Alors, quand sous la pierre froide,
Roide,
Je ferai le somme de plomb,
Long ;

Ô toi, qui dans mes fautes mêmes
M'aimes,
Viens vite, si tu te souviens,
Viens

T'étendre à ma droite, endormie,
Mie ;
Car on a froid dans le linceul,
Seul.



Du même auteur :
À l’Homme
À une jeune fille
Attente
Autre chanson
Chanson
Chanson en canot
Chanson de pirates
Chant sur le berceau
Choses écrites à Créteil
Comment disaient-ils
Dans l'alcôve sombre
Dans les ruines d'une abbaye
Demain, dès l'aube
Depuis six mille ans la guerre
Dizain de femmes
Ecrit après la visite d'un bagne
Ecrit sur le tombeau...
Elle était déchaussée...
En sortant du collège
Enfant, si j'étais roi
Extase
Fuis l’éden des anges déchus
Gastibelza
Il est un peu tard
Il faut que le poète
J'aime l'araignée
Je ne songeais pas à Rose
Je respire où tu palpites
L'absent
L'aurore
L'ogre
La blanche Aminte
La chanson de Maglia
La chanson de Jean Prouvaire
La chanson du fou
La chanson du spectre
La coccinelle
La fiancée du timbalier
La Fleur et le Papillon
La légende de la nonne
La prière pour tous
La tombe dit à la rose
Le château de l’Arbrelles
Le pas d'armes du Roi Jean
Les hirondelles
Les Tuileries
Lise
Lorsque l'enfant paraît
Ma Jeanne
Mai
Melancholia
Mes adieux à l'enfance
Minuit - D'après Albert Dürer
Oceano nox
Océan
Oh quand je dors
Paroles dans l'ombre
Paroles sur la dune
Proscrit, regarde les roses
Puisqu'ici-bas toute âme
Puisque j'ai mis ma lèvre
Quand la nuit n'est pas étoilée
Quand tu me parles de gloire
Roses et papillons
S'il est un charmant gazon
Si mes vers avaient des ailes
Sérénade
Sommation irrespectueuse
Spectacle rassurant
Tristesse d'Olympio
Trois ans après
Une flûte invisible
Veni vidi vixi